"Je suis un collectionneur-né, qui résiste à ses penchants (...). J'aime les objets, surtout quand ils parlent. Parfois je les trouve beaux, ou alors il m'arrive souvent qu'ils me rappellent des souvenirs, un film, une personne aimée (...). J'aime avoir des objets autour de moi, un peu comme des grigris."
Voilà les quelques lignes couchées dans une vitrine par le commissaire-priseur qui administrait ce week-end la vente des 426 lots qui constituent une partie de la mémoire de Philippe Noiret, décédé en novembre 2006 à 76 ans. Un extrait de l'autobiographie de l'acteur, Mémoire Cavalière, qui en dit plus sur l'âme de cette vente aux enchères que le prix de départ de la plupart des objets proposés lors de cette vente aux enchères (de 10 à 3000 euros) à Toulouse.
Ce trésor de guerre, c'est quasiment tout ce qui habitait sa maison du domaine de Turcy, à 12km de Carcassonne dans l'Aude, cédée par son épouse Monique Chaumette, peu après sa mort. Elle n'y est jamais retournée. De nombreux objets liés à l'équitation, mais pas uniquement : on pouvait également y trouver deux diplômes de "nomination pour un César", un ensemble de onze boîtes de bobines de cinéma, ...
Le public aura été un peu à l'image de la collection, "hétéroclite tout en étant homogène". Des collectionneurs, un peu ; des curieux, des nostalgiques, des fidèles et des admirateurs, beaucoup : venus — parfois de loin — pour l'atmosphère, pour se laisser aller eux-mêmes aux fameux "penchants", pour refaire parler les objets, leur faire raconter l'histoire de feu leur propriétaire. Les spécialistes et gens du showbiz, eux, se seront contentés de faire leurs acquisitions par téléphone.
Un peu comme des cendres que l'on répand et qui vont, au gré des vents et des courants, alimenter la grande mélodie des temps...







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