César du meilleur espoir féminin en 1985 pour L'Effrontée dès sa deuxième apparition au grand écran, sous la direction de Claude Miller, Charlotte Gainsbourg a depuis effrontément assumé toute une palette de rôles de femme(s), occasionnellement avec son époux à la ville Yvan Attal, d'ailleurs. Explorant les affres du couple broyé par la jalousie dans Ma femme est une actrice, sous la direction de ce dernier, ou face à la crise de la quarantaine, dans Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants (idem), ou simplement Amoureuse pour Claude Miller une nouvelle fois, femme trop parfaite dans Prête-moi ta main d'Eric Lartigau et avec Alain Chabat, amante insaisissable dans Félix et Lola, éplorée dans L'un reste, l'autre part, évanescente dans La Science des rêves, etc.
Sa sensibilité à fleur de peau et son jeu mesuré en font l'instrument idéal des films qui abordent la condition féminine face aux manières de vivre l'amour. Pas étonnant, donc, que le metteur en scène star Patrice Chéreau ait fait appel à elle pour Persécution, son prochain film dont le tournage débute actuellement à Paris. Le titre parle de lui-même, pour cette réalisation qui suit nerveusement les affres d'un triangle amoureux tiraillé entre passion, domination et jalousie.
Charlotte Gainsbourg, qui vient de mettre en boîte Antichrist, le prochain Lars Von Trier (Dancer in the dark, Dogville), aux côtés de l'impressionnant Willem Dafoe, rejoint au casting Romain Duris et Jean-Hugues Anglade, que Chéreau avait dirigé dans La Reine Margot et L'Homme Blessé.
Une femme pour deux, c'est vrai que ça fonctionne rarement…
G.J.












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