Après Coldplay, dont le hit cosmique Viva la Vida a créé une onde sismique de magnitude maximale sur la planète musique il y a quelques semaines, c'est un autre grand nom et un autre artisan à la patte reconnaissable qui est sur le banc des accusés de plagiat : Gary Moore.
Si, concernant le quatuor britannique, il ne s'agit que d'un buzz (n'empêche que [url=http://www.youtube.com/watch?v=1ofFw9DKu_I]le refrain de Viva la Vida ressemble méchamment au morceau If I could fly de Joe Satriani…[/url]), pour ce qui concerne le génial guitariste irlandais, c'est bien une affaire de tribunal. Dans l'oeil de la justice et des droits d'auteur : l'un des plus gros tubes du natif de Belfast, Still got the blues, qui donne son nom à l'album phare de 1990. Des présomptions de plagiat qui ne remettent évidemment pas en cause le talent hors norme de ces artistes…
Après huit années de procédure judiciaire, le tribunal de Munich vient en effet de donner raison à Jürgen Winter, auteur méconnu du morceau Nordrach pour le groupe allemand (méconnu également) Jud's Gallery en… 1974. Nous vous proposons une version live de Still Got the Blues : vous pouvez découvrir le morceau d'origine et [url=http://www.youtube.com/watch?v=Xe-uwEqTjd0]le passage plagié en cliquant ici (calez-vous à 5'25 minutes)[/url], c'est flagrant…
Le roi des guitares larmoyantes et des solos virtuoses (pensez au fameux Parisienne Walkaways, que l'excellent jeune imitateur Michaël Grégorio reproduit de façon incroyable) a eu beau nier, la cour a, semble-t-il, réussi à statuer : elle a estimé qu'il avait bien pu entendre Nordrach au cours d'un de ses fréquents séjours en Allemagne, "alors même que le titre n'avait été ni gravé, ni enregistré".
Le morceau avait toutefois été donné en concert et diffusé à la radio ; l'avis d'un expert, qui a affirmé que la mémoire musicale d'un professionnel était telle qu'il était tout à fait plausible qu'un air entendu des années avant refasse surface, aura achevé de convaincre la justice.
Ce verdict, qui n'a cependant pas ordonné l'interdiction de diffusion de Still got the blues (ouf !), va permettre l'ouverture d'un second procès destiné à fixer les indemnités qui devront être versées à qui de droit, et à rendre à Jürgen ce qui appartient à Jürgen.
Un petit coup de blues pour le spécialiste du genre, Gary Moore, 56 ans, qu'on oubliera bien vite compte tenu des services rendus à… nos tympans.
Guillaume Joffroy
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