Difficile, à la vue de l'Armande Altaï passée au fixatif qui officie à la direction de la Star Academy, de concevoir une Armande Altaï rock'n'roll et tête brûlée… Pourtant, la dame de fer qui donne de la voix rue Charlot, elle, se souvient bien de son look d'enfer et de ses aventures de jeunesse.
L'hebdomadaire Paris-Match qui sera dans les kiosques demain lui consacre sa rubrique Le jour où…, consacrée à une anecdote de star. Et celle qu'Armande Altaï, 64 ans, a choisi de livrer, vaut la lecture.
Flashback : la prêtresse du chant se revoit plus de trente ans en arrière, lors d'un concert donné dans les arènes de Lunel en pleine saison des corridas. Elle est alors "une petite vedette locale en Provence", qui "tourne avec son groupe de rock" et fait "la première partie de stars qui passent dans le Sud". En ce jour du début des années 1970, c'est pour… la méga star Claude François qu'elle doit préparer le terrain… Opposition de style, entre Cloclo le dictateur (obsédé par la perfection de ses Clodettes, des costumes, etc.) et le rock band débraillé d'Armande.
"Dans les arènes de Lunel, qui sentent le sang et l'urine de taureau, l'ambiance est oppressante. La foule hurle, menaçante". C'est épique…
"Face aux Gitans aux yeux rouges qui ont envie d'en découdre, je le sens nerveux, se souvient-elle avec précision. Je déboule sur scène la première, sous les sifflements. (…) Quelques canettes s'écrasent à mes pieds. On me crie 'Dehors ! A poil ! A mort !' Je reçois des écrous, des vis. Je saisis le micro comme si c'était une arme et je me mets à hurler. Au lieu de reculer, je me précipite vers ceux qui grimpent sur scène et me mets à les menacer avec le pied de mon micro. Il faut croire que je les impressionne. Ils renoncent. Pour Claude François, les choses ne se passent pas aussi facilement. Pour la première fois de sa carrière, il n'entre pas sur scène comme en terre conquise. Les insultes fusent, la foule le hue. (…) Il lève les bras et arrête tout. Il fait braquer les lumières sur le public. Et balance : 'J'ai voulu voir qui vous étiez, j'ai vu, je m'en vais'. A peine a-t-il fini que les arènes explosent. Instinctivement, je me jette dans l'encadrement de la porte que Claude François n'a même pas le temps de claquer. Comme un raz de marée, les gens déferlent au-dessus des barricades. Quelques-uns me tombent dessus, hésitent un instant. Juste ce qu'il faut aux policiers pour prendre le relais. Claude n'oubliera pas mon geste pour le protéger. (…) Les jours suivants, il vient m'embrasser avant chaque représentation."
Une mémoire d'éléphant, une anecdote de quelques instants bien théâtralisée, une Armande Altaï en bodyguard chargée "de chaînes et de colliers de chien"… Par pitié, si quelqu'un détient une vidéo d'époque, vous savez à qui la faire parvenir !!!
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