L'apprentissage de Borat, journaliste kazakh, ne s'est pas fait sans heurts. Il avait entrepris à l'écran un long périple pour "s'imprégner des préceptes culturels américains au profit de la glorieuse nation kazakhe", mais n'a laissé personne insensible à son passage.
Ainsi Kathie Martin, professeur de bonnes manières dupée par le célèbre moustachu, avait-elle décidé de poursuivre en justice Sacha Baron Cohen - l'interprète de Borat - et les différentes maisons de production pour détournement commercial, atteinte à la vie privée, et bien d'autres chefs d'accusation. Apparue contre sa volonté dans le long-métrage, elle reprochait à Borat la "ruse" à laquelle il avait eu recours pour l'"amener à jouer dans une farce d'écoliers pour adultes seulement." "Et même si vous vous en rendez compte, ajoutait-t-elle, vous avez signé une décharge qui, selon les gens de M. Cohen, signifie que vous avez renoncé à tout droit de les poursuivre."
La plaignante s'était manifestée de longs mois après le succès très lucratif (200 millions de dollars) du film, et en dépit du fameux contrat dont l'acceptation interdisait toute poursuite ultérieure. La Cour Suprême de l'Alabama vient de la débouter, mais l'histoire n'est sans doute pas terminée : de multiples plaintes ont été déposées suite au film, de personnes qui auraient été dupées et /ou humiliées. En effet, pour conférer au film l'effet final de reportage et de comédie improvisée, Borat se faisait réellement passer pour un journaliste étranger, sollicitait diverses personnes en échange d'une rétribution et d'une décharge pour prévenir toute action en justice — puis il faisait tourner la caméra. Il ne restait plus qu'à tourner en ridicule ces seconds rôles trop crédules... Ca, c'est pas "very nice" !






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