Son tempérament impétueux est relativement notoire, et Eunice Barber, 34 ans, pourrait en payer le prix devant la justice : le procureur de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny vient en effet de requérir deux mois de prison avec sursis à son encontre.
Interpellée par des policiers le 18 mars 2006 alors qu'elle s'était engagée dans une voie fermée à la circulation aux abords du Stade de France, la championne du monde d'heptathlon 1999 et de saut en longueur 2003 avait tenté d'échapper aux forces de l'ordre en leur fonçant dessus. Une tentative de délit de fuite contesté certains témoins de l'arrestation. Appréhendée par les policiers, l'athlète s'était ensuite débattue, mordant les agents pour se défaire de leur étreinte. Des faits que Eunice Barber ne nie pas, mais qu'elle justifie par la violence dont auraient usé les représentants de la loi.
Elle avait d'ailleurs saisi, quelques jours plus tard, l'IGS (l'Inspection Générale des Services, la police des polices) et le parquet, portant plainte pour "violences volontaires aggravées", "menaces" et "violation du secret de l'enquête", accusant les agents de n'avoir "pas respecté l'éthique policière" et affirmant vouloir "témoigner pour des individus qui se font tabasser comme ça". Mais seule Barber a été renvoyée devant le tribunal après le rejet de sa plainte, le parquet et l'IGS n'ayant ni l'un ni l'autre constaté de violences illégitimes de la part de la police au terme de leur enquête.
Eunice Barber, qui était accompagnée de sa mère et d'un neveu au moment des faits, et qui affirme n'avoir pas compris l'injonction de l'agent de la circulation, doit répondre de "refus d'obtempérer", "rébellion" et "outrage à agent".
Affaire en cours…
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