Pedro Almodovar est présent en ce 62ème Festival de Cannes afin de présenter son dernier bijou, Les Etreintes brisées. Comme à chacune des sorties de ses films, les passions se déchaînent. Mais avec son petit dernier, le réalisateur espagnol de 58 ans, signe une réalisation d'un nouveau genre : il abandonne la comédie et pour la première fois, la fin est plutôt optimiste. Celui qui a l'art de rendre le tragique supportable s'est confié au magazine Têtu, dans une interview sans langue de bois.
Plus dur que Volver, Les Etreintes brisées est selon lui son film le plus noir. Loin des relations ambigües de La Mauvaise Education, cette fois-ci l'histoire d'amour est claire... simple ! "Il faut jouir de la grande passion. Il faut vivre et ne pas se polluer l'esprit avec la durée, l'intensité. Il faut profiter", c'est ainsi qu'Almodòvar voit le bonheur : passager.
Lorsque le journaliste aborde Penélope Cruz, le réalisateur ne tarit pas d'éloges sur sa nouvelle muse. "Penélope est une anthologie de la femme [...] Audrey Hepburn, Marilyn Monroe... Penélope est toutes ces femmes. La pureté formelle".
Almodovar est prêt à recevoir des critiques. Il entend déjà raisonner dans sa tête "Le film le plus autobiographique d'Almodovar", si répétitif, à chaque sortie d'une de ses oeuvres. Il nous parle de sa relation avec les acteurs, souvent très fusionnelle. "Le réalisateur c'est le père, la mère, le fiancé, le psy, la bonne ou la mauvaise conscience", les relations émotionnelles sont donc forcément très intenses, "presque physiques", dit-il. Bien sûr, Almodovar remet les points sur les "i" : "Je n'ai jamais couché avec une personne avec qui j'ai travaillé", même s'il avoue que dans ses premiers films, ses relations étaient tellement passionnées, qu'il vivait la séparation comme... une trahison !
Quant à l'une de ses premières muses, Victoria Abril, Pedro nous dit tout : "Victoria avait ses problèmes. Elle a fini, à cause d'eux, par avoir un comportement sauvagement égoïste envers mon entourage. C'est une femme très libre avec un caractère spécial, qui choisit ce qu'elle veut faire". Mais au niveau professionnel, Victoria l'a toujours épaté : "J'ai eu beaucoup de plaisir à faire des films avec elle. Elle joue de façon merveilleuse. Aujourd'hui elle ne fait plus rien, c'est dommage qu'une des meilleures actrices de sa génération travaille si peu". Le réalisateur n'écarte pas la possibilité qu'un jour ils retravaillent ensemble. Mais son rêve pour le moment reste le même : travailler avec... Jeanne Moreau ! Une collaboration que l'on attend avec impatience.
Almodovar et ses muses... c'est tout un cinéma !
Chloé Breen
Faire un lien vers cet article















Cliquez sur un smiley pour l'insérer.