S'il faudra attendre le 3 septembre prochain pour connaître enfin sa position, lors de sa comparution devant la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre, François-Marie Banier a pourtant déjà commencé la mise au point : le photographe, poursuivi pour "abus de faiblesse" par Françoise Bettencourt au motif qu'il aurait soutiré pour près d'un milliard d'euros à sa mère Liliane (en donations, toiles de maîtres et contrats d'assurance-vie), a discrètement, mais sérieusement lancé sa contre-attaque.
Alors que Liliane Bettencourt, l'héritière L'Oréal, a copieusement alimenté les chroniques judiciaires depuis le début de l'affaire en janvier 2008 et s'apprête à garnir les librairies, François-Marie Banier, qui avait été placé en garde à vue le 24 septembre 2008 et qui s'est vu délivrer une citation directe pour "abus de faiblesse" le mois dernier, s'est manifesté en début de mois : le 3 août, il a porté plainte contre X pour diffamation devant le tribunal de grande instance de Paris, révèle le Figaro, qui précise que l'homme a engagé "coup sur coup deux procédures, pour diffamation, atteinte à la présomption d'innocence et atteinte à la vie privée". "Notre client souhaite ainsi faire cesser le tombereau de calomnies qui se déverse sur lui depuis plusieurs mois", expliquent ses avocats.
La plainte pour diffamation, "qui se fonde sur un article publié par le site d'information Bakchich, vise tout particulièrement Frédéric Castaing, le petit-fils de la décoratrice Madeleine Castaing, remarque Le Figaro. Entendu début mars 2009 en qualité de témoin par les policiers de la brigade financière, celui-ci a en effet accusé Banier d'avoir usé de son charme, dans les années 1980, pour soutirer à sa grand-mère, contre une somme 'dérisoire', un local situé rue Visconti (Paris VIe)."
"Délire pur et simple", s'élève-t-on dans l'entourage du photographe, documents à l'appui.
Les deux autres assignations (atteinte à la présomption d'innocence et atteinte à la vie privée) ont quant à elles été adressées à l'hebdomadaire Le Point : "Là encore, notre démarche vise à rectifier un tableau mensonger qui, à la longue, finit par donner du personnage une image peu flatteuse", commente un avocat du plaignant. Contestant avoir été l'amant d'Aragon et de Dali, Banier produit à cet effet deux lettres de soutien, l'une émanant de l'exécutaire testamentaire de l'écrivain, l'autre de l'illustre compagne du peintre, Amanda Lear : "Je connais très bien François-Marie Banier depuis trente ans, a indiqué cette dernière au Figaro, et je dois dire que j'ai été très choquée de lire qu'il aurait été l'amant de Dali. Il a certes été un grand ami de mon mari, qui l'invitait souvent à ses 'Five O'Clock Tea' de l'Hôtel Meurice, mais il est grotesque d'imaginer qu'il y ait pu avoir entre eux une relation de nature sexuelle. Je suis donc prête à venir témoigner en faveur de Banier, qui est actuellement attaqué de tous bords."
Personne ne bouge, le petit oiseau va sortir.
La bonne question que nous posons depuis que François-Marie Banier a été cité à comparaître par la fille de Liliane Bettencourt - et non par la justice, cette précision est importante, on ne sait pas encore ce que le procureur de Nanterrre, Philippe Courroye va faire de son enquête préliminaire... - est de savoir si la femme la plus riche de France va se constituer partie civile et venir témoigner à l'audience... en faveur de son ami photographe ? Elle s'est toujours défendue d'être sous la coupe de François-Marie Banier et affirmait dans son interview au JDD il y a quelques mois "Je suis une femme libre".
Si elle capable de siéger en tant qu'associée principale au conseil d'administration de l'Oréal et que ses décisions sont entérinées par l'ensemble des actionnaires... elle est capable et décisionnaire de faire ce qu'elle veut de son argent, non ?
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