Les décisions judiciaires se suivent dans l'affaire Polanski qui, depuis son arrestation par mandat extraditionnel américain le 26 septembre, est en détention à Zurich. L'avocat de Roman Polanski, Maître Hervé Temime, s'est confié au Figaro et s'insurge contre son maintien en prison, bien qu'il admette que son client soit "bien traité par une personnel pénitenciaire de qualité". Il parle bien sûr du déchirement de ses proches, notamment de sa femme Emmanuelle Seigner et de ses enfants Elvis et Morgan. Toutefois, il profite de la tribune du Figaro pour expliquer en quoi il estime qu'il est possible que sa dernière demande de mise en liberté soit acceptée, alors que Polanski a fait face à plusieurs refus de la part de la justice helvétique et pourquoi son client ne veut pas d'extradition aux Etats-Unis.
Les garanties renforcées que la défense de Polanski propose à la justice suisse sont les suivantes : "Il s'engage sur l'honneur à ne pas quitter la Suisse durant toute la procédure d'extradition, quelle qu'en soit la durée. [...] Il est prêt à être assigné à résidence dans son châlet de Gstaad. Il accepterait de porter un bracelet électronique. [...] Enfin, il est prêt à offrir une somme d'argent très significative au regard de ses moyens financiers."
L'avocat étaye son argumentation en soutenant que l'absence de dangerosité de son client a été démontrée en 1978 à la suite d'une série de tests, que les faits sont vieux de trente-deux ans et que la victime a demandé l'abandon des poursuites. Il rappelle que le cinéaste ne tire aucun bénéfice en termes de notoriété de cette affaire. C'est le moins qu'on puisse dire...
En ce qui concerne la fuite des Etats-Unis du réalisateur en 1978 et qui l'empêche de revenir depuis dans ce pays, maître Temine explique les circonstances ainsi : "S'il a quitté la Californie en 1978, c'est parce qu'il a été trahi par un juge qui n'a pas respecté l'accord passé entre toutes les parties," à savoir la collusion entre le juge et le procureur quand les poursuites ont été lancées. Les avocats de Polanski plaidront d'ailleurs le 10 décembre en Californie lors d'une audience en appel en utilisant cette faute de procédure qui a été appuyée par le documentaire Roman Polanski : wanted and desired.
Cependant, même si la peine encourue par le cinéaste a été réduite de cinquante à deux ans, Polanski n'acceptera pas d'être extradé aux Etats-Unis : "Nous soutenons que Roman Polanski a déjà purgé sa peine en se soumettant, dès 1978, à des tests psychologiques menés en milieu fermé durant quarante-deux jours." L'avocat ajoute concernant le problème de la prescription : "S'il n'est pas abordé par la convention d'extradition liant la Suisse et les Etats-Unis, ce problème se pose indéniablement au regard des principes généraux du droit."
Le tribunal pénal de Bellinzone a quant à lui annoncé qu'il se prononcera vers le début du mois de décembre sur la dernière demande de liberté du réalisateur du Pianiste, présentée le 3 novembre. Si c'était encore un refus, Roamn Polanski pourra encore faire appel devant la cour de justice.
Quand tous les moyens de procédure seront épuisés et si Roman Polanski n'est pas remis en liberté (même s'il est libéré d'ailleurs...) comment pourra-t-il ne pas être extradé vers les Etats-Unis si la Suisse donne son accord, à la finale ?
Faire un lien vers cet article







Cliquez sur un smiley pour l'insérer.