Installé au Casino de Paris jusqu'au 1er novembre avant de partir en tournée pour plusieurs semaines, Alain Souchon a l'âme nomade. Et l'humeur bougonne.
Alors qu'il évoquait récemment cette envie que les fans espèrent voir se concrétiser d'un album de duos avec son ami fraternel ou alter ego Laurent Voulzy, et qu'il navigue toujours sur le succès de son dernier opus, Ecoutez d'où ma peine vient, Alain La Souche donne à entendre tout son petit bonheur dans un auto-portrait saisissant composé pour le magazine Elle paru aujourd'hui.
Le chanteur de 65 ans y déroule le fil de sa vie quotidienne, avec la fleur de sel de malice qu'on lui connaît et qu'on adule. Un one-man show permanent, avec force digressions fantasques et culte du XIXe siècle à domicile, dont nous vous offrons quelques extraits truculents et à retrouver en intégralité dans Elle :
"Je me réveille vers 8h30, je dis à ma femme que j'ai mal dormi. Et donc qu'on devrait vivre à la campagne et élever des porcs. On serait au calme, on dormirait bien. Et puis c'est gentil les porcs, même si ça mange les enfants. Elle me répond que je suis bougon (...) Elle est pieds nus sur le carrelage, elle ne porte quasi qu'un tablier, c'est la folie.
Ensuite, je prends un bain. Aussi rapide que le baptême de Clovis (...) Je m'habille : pantalon bleu marine, blouson bleu marine, casquette, lunettes noires. On dirait un gendarme. Ou un agent municipal de la police de Blois. Tout de suite après m'être habillé, je ne sais plus quoi faire.
Alors je dis à ma femme : je m'occupe du déjeuner. J'achète deux sandwiches jambon-fromage. Et je dis à ma femme : je t'emmène, c'est une surprise. Sauf qu'elle la connaît déjà , car c'est à chaque fois pareil (...) Inspiré par le bateau, je lui dis : on devrait vivre au bord de la mer. Et elle me répond : tu commences le Casino de Paris demain, alors ce n'est pas le moment de déménager. Pense à ton travail.
Je dis à ma femme d'un air pénétré : je pars travailler. Et je vais dans les rues de Paris, poussé par le vent, chercher des phrases et des mots avec mon filet à papillons. En général, je reviens les mains vides et je suis un peu bougon. Je dis à ma femme : ce qui serait bien, c'est qu'on aille s'installer en Italie. Définitivement. On tuerait nos enfants. On recommencerait une autre vie. Mais elle me dit non.
On va chez des amis. Ou on en reçoit. Un problème : je me disais qu'on allait inviter des gens de plus en plus haut placés dans le milieu du cinéma pour que, à la fin, Sharon Stone vienne manger à la maison. Mais, depuis que je l'ai vue dans un magazine en maillot de bain et les jambes un peu écartées, je n'en ai plus tellement envie. Ça m'a rendu triste. Vers minuit, je me couche. Je dis à ma femme : on va aller vivre dans le Sud marocain. Et ma femme me dit : c'est une idée, mais tu es bougon".
G.J.
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