Réactualisation de 15h50 : Soupçonnée d'avoir organisé l'accident de Nelson Piquet Jr. à des fins stratégiques, et sérieusement incriminée par celui-ci comme nous vous le relatons ci-dessous, l'écurie ING Renault F1 Team a réagi, en déposant ce vendredi 11 septembre une plainte pour "chantage aggravé" contre le pilote brésilien, licencié au début du mois d'août, et son père Nelson Piquet, qui, le premier, avait dénoncé la manoeuvre de l'écurie de Flavio Briatore.
La tension est montée de plusieurs crans, à quelques heures du Grand Prix d'Italie, qui se courra à Monza ce dimanche dans une ambiance délétère. En cause, les nouvelles déclarations du Brésilien Nelson Piquet Jr., qui incriminent sérieusement Flavio Briatore et Pat Symonds, les dirigeants de l'écurie ING Renault F1 Team, dont le jeune pilote avait été évincé au début du mois d'août - remplacé par l'espoir français et compagnon de la présentatrice Marion Jollès, Romain Grosjean.
La Fédération internationale du sport automobile (FIA) avait indiqué le 4 septembre qu'elle ouvrait une enquête sur "l'affaire de Singapour" : l'écurie dirigée par Flavio Briatore est accusée d'avoir prémédité et orchestré l'accident de Nelson Piquet Jr. lors du Grand Prix de Singapour 2008 afin de permettre la remontée de son coéquipier Fernando Alonso. Parti du fond de la grille, l'Espagnol, qui s'était "miraculeusement" arrêté aux stands un tour avant le crash du Brésilien, avait largement bénéficié de l'intervention du safety car suite à la sortie de piste de Piquet dans le virage 17 au tour 13-14, remontant jusqu'à la première place à mesure que les voitures devant lui s'arrêtaient pour ravitailler, pour finalement remporter l'épreuve.
La nature malicieuse de l'accident avait été révélée par l'ancien triple champion du monde Nelson Piquet, père de Nelson Piquet Jr., lors du Grand Prix de Hongrie 2009, dernière course de son fils avant son licenciement.
L'écurie française est convoquée le 21 septembre devant le Conseil mondial du sport automobile de la FIA, et devra répondre de ces accusations, qui viennent de s'alourdir sérieusement avec... les aveux du coureur brésilien.
Selon la déposition intégrale du pilote brésilien enregistrée le 30 juillet dernier par la FIA, qui vient de faire surface dans les médias, le stratagème est incontestable : "Il m'a été demandé par Flavio Briatore, qui est à la fois mon manager et le directeur de Renault F1 Team, et par Pat Symonds, directeur technique de Renault F1, de provoquer délibérément un accident afin de favoriser les performances de Renault F1 Team". "J'ai accepté", ajoute-t-il en signalant son état de fragilité au moment des faits, en raison de son avenir incertain au sein de l'écurie.
Circonstance aggravante de la triche, une réunion préalable aurait eu lieu, secrètement tenue dans l'un des bureaux Renault à Singapour, afin de mettre au point dans les moindres détails la supercherie : "On m'a montré dans quel virage je devais sortir. C'était le seul endroit où il était difficile pour les commissaires d'intervenir. M. Symonds m'a pris à part et, à l'aide d'une carte, m'a montré l'endroit exacte où je devais avoir l'accident. Le virage 17 avait été choisi parce qu'aucune grue ne permettrait de dégager ma voiture. Par conséquent, un accident à cet endroit devait causer à coup sûr la neutralisation de la course derrière la voiture de sécurité (...) La stratégie a payé, et M. Alonso a gagné le Grand Prix." Une issue qui a privé, au final, Felipe Massa du titre mondial, au bénéfice de Lewis Hamilton. Fernando Alonso, pour sa part, se dit incrédule et surpris, refusant de s'étendre sur le sujet avant l'audience du 21 septembre.
Selon Nelson Piquet Jr., deux éléments corroborent, sans réfutation possible, sa version. Les conversations radio, tout d'abord : "Afin d'être certain de sortir au bon moment, j'ai demandé plusieurs fois à mon équipe dans quel tour nous étions, ce que je ne fais jamais habituellement." Ensuite, son comportement au moment de la sortie de piste : "Un ingénieur intelligent verrait que j'ai fait exprès de percuter le rail, car j'ai continué à accélérer lors de la perte de contrôle alors que la réaction normale de tout pilote aurait été de sauter sur les freins". Les relevés télémétriques confirment que Piquet Jr. a effectivement accéléré plus tôt et plus fort en sortie du virage 17.
Dernier facteur aggravant : le pilote brésilien signale que la sécurité du public et des autres pilotes n'a jamais été considérée...
G.J.
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