C'est officiel : Audrey Pulvar a signé hier son contrat avec i>télé, la chaîne d'info en continu de Canal+, sur laquelle elle pilotera dès la rentrée le journal de 18-20 heures.
Et si son départ de France 3 se fait dans des conditions passablement troubles (politiques ?), privant les rédactions de France Télévisions, à l'heure des rumeurs de fusion, d'une de leurs figures les plus populaires, le discours de la journaliste, qui s'est ouverte aujourd'hui dans les colonnes du Parisien, se veut transparent et serein.
Si d'aucuns ont pu avancer que son engagement affiché contre la décision de Nicolas Sarkozy, avec qui elle s'était par ailleurs accrochée sur la question des sans-papiers, de supprimer la publicité sur le service public, aurait joué un rôle dans ce départ inattendu, ce n'est pas l'opinion de la principale intéressée, qui déclare : "Pour moi, c'est déconnecté. J'ai eu l'opportunité de présenter des émissions spéciales comme 'Français, votez pour moi', des soirées lors de la présidentielle et des européennes. J'étais essentiellement intéressée par la politique. Je n'ai pas à me plaindre".
Balayant d'un revers de main les rumeurs selon lesquelles ses relations au sein de la rédaction n'auraient pas été au beau fixe, celle qui a fait ses classes chez LCI sous la direction de Jean-Claude Dassier (ex-patron de l'info de TF1 qui deviendra cette semaine le nouveau directeur général de l'Olympique de Marseille) estime que, bien que "extrêmement attachée à France Télévisions, à la notion de service public, à France 3, à sa rédaction, à la position du journal avec 6 millions de téléspectateurs", il est temps de changer d'air, après cinq années de maison : "J'ai très peur de m'endormir, explique-t-elle. Je prends le risque de faire quelque chose de différent, de ne pas retrouver le succès."
D'autant que ses perspectives de diversification sur le service public étaient relativement bouchées : après avoir vu ses projets d'émissions (l'une scientifique, l'autre environnementale) retoqués et s'être vu proposer un nouveau programme pour la rentrée ("il ne me convenait pas", commente-t-elle laconiquement), c'est le poste de correspondant permanent de France 2 à Washington qui lui a échappé, au profit de Maryse Burgot. "On vit dans une période compliquée à France Télévisions, analyse-t-elle. Il est difficile de prendre des décisions (...) Ma décision de changer n'a rien à voir avec le fait de ne pas avoir été retenue. Mes discussions avec i>télé ont commencé quand j'ai posé ma candidature [pour le poste de correspondant à Washington]".
Au final, Audrey Pulvar, 37 ans, est déjà concentrée sur son nouveau challenge : "Je fais quelque chose qui est bon pour moi. J'ai envie d'autre chose dans ma carrière, de retrouver la sensation de l'information instantanée, des éditions spéciales, d'être sur le coup de l'info. C'est une passion (...) Le 18-20 que je vais présenter donnera davantage de place à l'information, à la réactivité, à des intervenants."
Des conditions qu'on peut supposer différentes de ce qu'elle a connu dernièrement : "Ce que je déplore [sur France 3], c'est le manque de moyens qui rend difficile le fonctionnement du 19-20".
Audrey Pulvar est maman d'une petite fille de 11 ans. Elle vit une belle histoire d'amour avec le chef cuisinier étoilé Alain Passard.
On peut parier que parmi ses nombreux fidèles, certains la suivront dans la passion qu'elle met au service de l'information.
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Moi aussi, car elle dégage un charisme qui mérite plus que ce que certains voudraient le faire croire.


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