La "Princesse de Clèves" du XXe siècle qu'a fait naître de sa plume Valéry Giscard d'Estaing aura beaucoup fait jaser. Beaucoup... à son détriment.
De l'autre côté de la Manche, ce récit sentimental emphatique et fastueux, dans lequel on a cru identifier, sous le nom des personnages, la love affair fantasmée Lady Diana et VGE lui-même, a provoqué des réactions mitigées et toujours "à distance" : de la curiosité, soit amusée, soit agacée.
En France, la parution de La Princesse et le Président, qui confirme le goût de VGE pour une veine romantico-érotomane après sa première tentative littéraire (Le Passage), n'a pas moins fasciné, et Valéry Giscard d'Estaing a finalement été bien obligé de sortir de sa retraite d'écrivain pour affirmer que sa narration n'était que pure fiction. "J'ai inventé les faits".
Une assertion qui ne calme décidément pas toutes les véhémences. Bernadette Chirac, interrogée en privé sur l'ouvrage, ne donne pas dans la demi-mesure, et n'y voit, selon la rubrique "Couloirs" du quotidien Le Parisien, que... "sénilité. Cette histoire le rend ridicule". Et de se soucier, plutôt que de la valeur littéraire, de la réussite... commerciale de ce roman auprès de son libraire !
Outre le passif qui existe de longue date entre les deux ex-présidents, son mari Jacques Chirac et VGE (le premier avait rapidement démissionné de son poste de Premier Ministre après avoir porté le second à la présidence de 1974, puis l'avait privé d'un deuxième mandat en refusant d'appeler les siens à le soutenir au second tour), on ne peut s'empêcher de repenser à cette observation du Times : la parution (anticipée) de La Princesse et le Président aurait cherché à éclipser celle des mémoires de Jacques Chirac.
De quoi aigrir Bernadette, décidément pas fleur bleue et prête à faire campagne pour les écrits de son mari ?
Guillaume Joffroy
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