Réactualisation du 6 septembre à 19h30 : Brahim Asloum, le boxeur français, détenteur du titre WBA des mi-mouches a annoncé ce soir, lors de l'émission Stade 2 sur France 2, sa retraite sportive. Un jeune retraité certes, puisqu'il n'est âgé que de 30 ans...
Il renonce donc à poursuivre sa carrière faute d'avoir retrouvé un diffuseur, suite à la défection de C+ ( lire ci-dessous).
Désormais plus connu pour ses relations "avantageuses" dans le monde de la boxe et pour ses piges médiatiques que pour sa carrière de sportif de haut niveau, Brahim Asloum se distingue désormais dans les chroniques judiciaires : le boxeur a en effet assigné le 17 avril dernier Canal+ (il s'était déjà emporté contre le boss Rodolphe Belmer, fin 2008) devant les tribunaux, au motif d'une rupture abusive du contrat qui les liait depuis 2001, et réclame... 15 millions d'euros de dédommagement, selon le quotidien sportif L'Equipe.
En cause, la révision à la baisse des sommes versées par la chaîne cryptée, partenaire du boxeur berjalien depuis ses débuts professionnels, à Brahim pour ses combats : alors qu'il touchait préalablement 750 000 euros (plus un bonus de 150 000 euros en cas de victoire) par rencontre, il s'était vu proposer, pour défendre son titre face au Mexicain Giovanni Segura, "seulement" 500 000 euros (et 100 000 euros de prime à la victoire). Insuffisant, selon le boxeur, son mentor Louis Acariès et la société qui gère ses intérêts, Starvision, qui avait donc annulé la réunion de juillet 2008. Du coup, faute de diffuseur (et de mécène, à ce niveau-là !), Brahim Asloum n'a plus défendu son titre de champion du monde mi-mouches WBA acquis le 8 décembre 2007 aux dépens de l'Argentin Reveco depuis belle lurette. Mais, par la magie de l'influence d'Acariès, il a pu conserver un titre (de pacotille) de "champion in recess" (champion en vacances) alors qu'il aurait dû perdre sa ceinture pour ne l'avoir pas défendue, conformément au règlement en vigueur...
Selon la défense de Brahim Asloum, le monopole exercé par Canal+ sur la diffusion en France de la boxe et la rupture déloyale du contrat ont ruiné la carrière du champion, incapable de trouver un autre diffuseur, et qui envisage de fait de prendre sa retraite, comme l'explique son avocat, Me Pierre Robin : "Il s'agit d'une procédure en responsabilité pour une rupture abusive, fautive, déloyale sans écrit et sans préavis d'un contrat démarré en 2001. Nous sommes face à des interlocuteurs dont le seul souci est l'argent. On les punit donc en réclamant de l'argent. Ils ont ruiné la carrière de Brahim, qui va probablement annoncer son retrait définitif des rings."
Du côté de Canal+, on ne s'émeut pas de cet uppercut judiciaire. Jean-Louis Dutaret, le directeur des acquisitions, estime que, au sein de sa chaîne, "on a toujours très bien traité Asloum", précisant : "On ne s'est pas entendus sur le montant du dernier combat. Cela arrive. C'est la première fois qu'un non-renouvellement aboutit à un procès".
Reste à savoir en combien de rounds cette affaire va se régler...
G.J.
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