Carla Bruni-Sarkozy va-t-elle effectuer un pélerinage dans les prochains jours ? Celle qui a adopté sans réserve la nationalité française après les propos "audacieux" de Silvio Berlusconi sur Barack Obama pourrait être tentée d'aller sur les lieux de son enfance pour la... dernière fois.
Le château familial de Castagneto Po, propriété des Bruni-Tedeschi magnifiquement posée dans l'écrin des collines du Piémont, va en effet être cédé prochainement. Cette sculpturale bâtisse stendhalienne qui regorge de souvenirs, après avoir été dévolue à l'art, est aujourd'hui quasiment vide. Finie, la profusion insensée des antiquités, tapisseries, fresques et autres tableaux de maîtres ; fermé, le musée : l'essentiel a déjà été vendu, et seul le troisième étage est désormais habité.
Marisa Bruni-Tedeschi, la mère de Carla, a décidé de se séparer de la demeure que son mari et elle ont consacré trente années à restaurer. L'ancienne concertiste y avait installé son Steinway, dans la bibliothèque. Mais ses doigts n'en ont plus frôlé le clavier depuis 14 ans et, si elle confie à Paris-Match (à paraître demain) vouloir se donner cinq ans pour s'y remettre et interpréter le second concerto de Rachmaninoff pour ses 83 ans, ce ne sera pas en ces lieux. Pour l'instant, seules les visites régulières de son petit-fils adoré Aurélien, l'enfant que Carla a eu avec Raphaël Enthoven (lequel a récemment été de nouveau papa), brisent ce silence, lorsqu'il prend ses cours de piano - ou jouer aux cartes.
Privés de la présence de son mari Alberto, le fameux compositeur, l'industriel dodécaphonique, décédé à Paris en février 1996, et de celle de son fils Virginio, que le sida a emporté en 2006 (il vivait alors reclus dans la résidence familiale du cap Nègre), les fastueux salons qui bruissaient autrefois de l'agitation mondaine des grands noms des arts et du mécénat n'ont plus d'âme. "Dans ce petit Versailles musical, j'ai passé les années les plus heureuses de ma vie", rappelle toutefois Marisa Bruni-Tedeschi.
Dans un article fleuve consacré en février dernier à la saga des Bruni-Tedeschi par le magazine Le Point, on trouve une description qui ressemble à un portrait croisé de la demeure et du maître des lieux : "Situé sur l'emplacement d'une antique demeure datant du Xe siècle, le château a été édifié au XVIIIe siècle par les comtes Trabucco sur les hauteurs de Turin. C'est une des plus belles demeures d'Europe, avec 200 hectares de terres, des forêts de châtaigniers, des vignes, des vergers et des lacs, la vue sur le Pô, le Cervin et le mont Rose. Ce sera également pendant trente ans un chantier perpétuel au service des collections d'Alberto. Une demeure habitée par les esprits où on fait tourner les tables. Mémorable, le soir où Schumann en personne annonce aux invités que Brahms est " le dieu de la musique ". Cigare aux lèvres et verre de whisky à la main, Alberto reçoit sa cour à l'ombre d'un immense châtaignier. La référence royale n'est pas fortuite. Il achètera plus tard le suaire de Louis XV pour habiller sa propre dépouille. Roi... ou maître du monde."
L'âge d'or de ces augustes murs est passé, tout comme celui de l'enfance de Carlita. Ciao, il castello.
G.J.
Faire un lien vers cet article
















Cliquez sur un smiley pour l'insérer.