C'est Jean-Claude Narcy, éternel présentateur des événements du 14 juillet sur TF1, qui a eu "l'honneur" d'être reçu par la first lady. La pièce est spacieuse, le haut des murs couvert de tissu à fleurs roses... Bref, un bureau de fille. A la fois délicat et chic, mais avec les ors de la République.
L'épouse du président confie d'abord avoir été très émue par les jeunes de l'association Orchestre à l'école, c'est elle qui les a choisi, qui ont chanté la Marseillaise. Une chanson que Carla avoue connaître maintenant par coeur... "Je l'ai apprise toute seule", explique t-elle.
Jean-Claude Narcy lui demande à voir le téléphone, qui lui sert à être en contact avec Nicolas Sarkozy. "C'est le téléphone normal", affirme Carla. "Je peux le joindre presque tout le temps." On peut être assurés qu'il y a un bip rouge avec un coeur sur le téléphone de son Nicolas quand c'est elle qui appelle !
Puis le duo s'arrête sur un instrument posé dans un coin du bureau de Carla. "C'est un magnifique objet qu'on m'a offert en Tunisie. C'est un objet traditionnel, très difficile. C'est une sorte de harpe en vérité. Je compte bien apprendre à en jouer." Oui, car la guitare, Carla en joue à la maison.
Puis Carla conduit Jean-Claude dans le jardin, sur lequel donne son bureau. "On a de la chance avec le temps", s'exclame l'épouse du Président.
Puis Carla en vient à parler de son poste : "Je n'ai pas besoin de cabinet, ni de personnel. Ce que je fais n'est pas un job, c'est une fonction. C'est une place bien plus importante que la personne qui l'anime. C'est une place importante. [...] Il y a une tradition de la part de l'épouse du Président, qui est de s'investir dans une association qui lui ressemble. je trouve que c'est une très belle tradition, que j'ai voulu prolonger."
Ainsi, madame Bruni-Sarkozy revient sur cette association : "Elle a trois mois. C'est une fondation qui vise à promouvoir l'éducation et la culture, qui sont pour moi des choses très importantes, parce que ce sont des choses qui portent la liberté, de penser et créer. Dès la rentrée, des bourses seront données à des jeunes issus de milieux défavorisés ou désertés. [...] Nous avons aussi mis en place des systèmes de soutien pour l'aide contre l'illettrisme pour les tous petits enfants. Si les petits enfants ne savent pas lire, toute leur vie est compromise, que ce soit professionnellement ou socialement."
Carla parle aussi de son implication dans la lutte contre le sida : "Je m'investis en tant qu'ambassadrice du Fond Mondial (de lutte contre le sida, ndlr), qui sauve 3 000 vies par jour. C'est important de le dire. Un travail formidable est fait par cette organisation. C'est passionnant."
Jean-Claude Narcy parle ensuite à la first lady de son mari : "Lui qui est toujours pressé, qui court le monde, et vous qui êtes si calme. Vous le calmez parfois ?" Et Carla, en épouse parfaite qui connaît sa leçon sur le bout des doigts, répond : "Je crois qu'on se calme mutuellement. Je crois que le bonheur est quelque chose qui apaise. Vous savez, il n'est pas pressé. Il est habité par une obsession qui est de servir notre pays et d'aller au bout de ses promesses. C'est vrai que cela lui donne l'air très actif, mais il y a de quoi. Il n'est pas pressé, il est animé."
Sur l'organisation de sa vie, Carla explique : "Nous passons nos week-end à l'Elysée avec les enfants. On a une vie tout à fait familiale. Évidemment, c'est un cadre tellement exceptionnel et magnifique, que je me sens toujours un peu invitée ici. [...] Nous y venons le week-end et le reste du temps, nous sommes dans notre maison."
Narcy l'interroge aussi sur les évènements de la semaine dernière, lors du G8. En effet, Carla avait visité en solo (c'est-à -dire sans les autres premières dames, venues la veille) les ruines de l'Aquila, dévastée par un tremblement de terre en avril dernier. Elle avait alors essuyé la colère du journal Il Giornale, qui s'était montré très dur avec elle.
"Je n'ai pas été touché par la polémique, mais par le désastre qui a touché cette ville. Il y a eu 300 morts, 1500 blessés et les 30 000 sans-abri. Ce qui m'a touché, c'est le travail de médecins, des bénévoles. J'ai voulu rencontrer les victimes. Je suis désolée si ça a été mal pris. Ce n'était pas une visite protocolaire, mais humaine. J'étais heureuse d'apporter un don de ma fondation (ndlr, 50.000 euros) et d'annoncer que l'investissement que ferait la France. (NDLR 3,2 millions d'euros). Mon mari m'avait donné le message et je le portais. J'étais invitée à la visite de Rome, que je connais comme ma poche. Donc je n'y ai pas participé."
C'est ce qu'on appelle mettre fin, avec classe, à une polémique. Après ce quart d'heure d'interview, Carla prendra congé du journaliste pour aller voir les invités de la garden party de l'Elysée, alors que son mari déjeunait avec les chefs d'Etat.
Une interview très policée, très léchée dans lequel on n'apprend pas grand chose, une leçon bien apprise. Elle a raison de se sentir "un peu invitée" à l'Elysée, c'est un bail de passage, renouvelable ou pas en 2012 !










