Sondages en berne, municipales peu glorieuses, Nicolas Sarkozy n'est plus vraiment en état de grâce. Mais il a une arme secrète, une carte qui pourrait se révéler maîtresse : Carla Sarkozy, son épouse. Celle qui a longtemps vanté les mérites de produits internationaux, assure désormais dans les médias la promotion du Président ...
Après la douche froide des municipales, le JDD.fr publiait hier un nouveau sondage... Si 68% des Français louent toujours le dynamisme de Nicolas Sarkozy, seuls 45% considèrent qu'il a l'étoffe d'un président de la République. C'est 23 points de moins qu'en février 2007. Pire, seulement 43% des sondés le jugent « honnête » et 64% déclarent que Nicolas Sarkozy les inquiète.
La preuve d'un désaveu grandissant, auquel Nicolas Sarkozy et ses conseillers ont décidé de palier en établissant une stratégie de reconquête dont la pièce maîtresse est Carla Sarkozy.
L'offensive de charme a commencé la semaine dernière avec une présence en couverture de Paris Match et six pages intérieures, où l'on voit la première dame de France dans ses appartement privés de l'Elysée. Cette semaine, l'opération séduction se poursuit en couverture du magazine VSD, sous le titre évocateur : « Carla Sarkozy intime, elle va changer le président ».
Sur six pages, l'hebdomadaire s'applique à nous présenter une nouvelle première dame de France, parfaite maîtresse de maison, attentive aux moindres détails quand il s'agit de recevoir Shimon Pérès.
Fonction oblige, si Carla n'a rien perdu de sa beauté, elle doit néanmoins aujourd'hui renoncer à son image d'icône glamour. Les petits tops, qui révélaient son charmant nombril au bord du Nil en décembre dernier, ont été rangés au fond du placard. La première dame de France est désormais d'un classicisme à toute épreuve : chemisier blanc boutonné à l'extrême, pantalon noir coupe droite et chaussures plates, la reine des podiums n'est plus tout à fait la même. Les Français reprochaient au Président d'avoir épousé un top ? Il leur présente une épouse modèle, sobre et conventionnelle.
Mais au-delà de l'enveloppe, c'est le contenu qui a changé. Telle une Céline Dion rompue à l'exercice des interviews, Carla Sarkozy évoque à loisir "son mari ", sa vie, son oeuvre. Celle qui assumait ses amours sur papier glacé et ne se privait pas de dénoncer les dérives d'un gouvernement de droite, est domptée.
Qu'on se le dise, Carla Sarkozy est désormais une femme raisonnable. D'ailleurs, si on nous annonce que certains textes de son troisième album feront couler beaucoup d'encre, elle n'en assurera que très peu la promotion et ne le défendra pas sur scène. Son nouveau rôle ne le lui permet pas ; alors, elle a tranché. On l'aura compris, contrairement à Cécilia Ciganer-Albéniz, la nouvelle première dame de France « n'abandonnera » pas la République (et son mari). N'a-t-elle pas d'ailleurs déclaré à l'Express être « la première dame jusqu'à la fin du mandat de (s)on mari, et son épouse jusqu'à la mort » ?
Mais le deuxième effet Carla sera aussi (et surtout ?) de calmer ce président que l'on dit "surexcité" et "hyperactif". Apaisé par le bonheur qu'elle lui apporte au quotidien, Nicolas Sarkozy ne devrait plus jamais s'emporter comme il l'a fait récemment au salon de l'agriculture en février dernier. En tout cas, c'est l'idée qui est appelée à être véhiculée...
Et, surtout, qu'on ne s'avise plus de critiquer l'époux de madame Sarkozy. Que ce soit dans son billet dans le Monde daté d'hier ou dans l'Express, en février dernier, elle prendra systématiquement sa défense. A propos de leur voyage en Egypte, durant lequel Nicolas Sarkozy avait porté son fils Aurélien sur les épaules — provoquant un tollé dans la presse — elle déclarera : « Ce n'est pas l'erreur de Nicolas, c'est la mienne ».
Vous avez dit épouse dévouée ?
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