C'est aujourd'hui que sort le nouvel album de Charlotte Gainsbourg, l'inspiré IRM. À cette occasion et pour la première fois, l'actrice et chanteuse, fille de Jane Birkin et Serge, a rencontré six lecteurs du Parisien et s'est prêtée au jeu des questions, sans tabou, avec sincérité.
Elle dévoile par exemple son rapport particulier à la langue anglaise. Contre toute attente, la langue de Shakespeare n'a pas été évidente pour elle : "Mon père au départ ne comprenait pas l'anglais. Donc, ma mère ne voulait pas d'un langage secret entre nous. C'est venu plus tard. J'ai pris des cours avec une coach. Mon accent est fabriqué, ce n'est pas le mien, je l'ai travaillé. C'est un peu comme si je faisais semblant."
C'est pourtant l'anglais que Charlotte a choisi pour IRM et son prédécesseur, 5:55. Elle s'en explique : "Sans mon père, j'ai beaucoup de mal à m'imaginer chanter en français. Pour ce disque, j'ai essayé d'écrire mais j'ai un blocage, et puis je ne suis pas modeste, je n'ai pas envie de faire moins bien que mon père." Pour autant, l'écriture en anglais n'a pas été de tout repos non plus : "Je n'ai pas assez de vocabulaire. J'ai essayé d'écrire en anglais pour l'album, mais je suis limitée."
C'est donc au musicien américain Beck que la chanteuse a confié la tâche de composer l'album. Le titre IRM (à réécouter ici) fait directement référence à son accident vasculaire cérébral en 2007. Sur le précédent, Charlotte s'était lovée dans l'univers ouaté du groupe électro Air, ici elle se frotte aux excentricités et aux mélanges des styles de Beck. Le résultat est à la hauteur de toutes les attentes à l'image de l'excellent single Heaven can wait !
Au cinéma, Gainsbourg a eu une année particulièrement intense. Avec le sulfureux Antichrist, de Lars von Trier, l'actrice a mis le Festival de Cannes à ses pieds. Le film, quant à lui, continue de choquer en France. La famille Gainsbourg semble d'ailleurs avoir un goût particulier pour le scandale. En 1984, son duo avec son père dans Lemon Incest avait fait beaucoup parler de lui : "Le hasard a voulu qu'à cette époque-là je demande à partir en pension. J'étais en Suisse, cloîtrée dans une école à l'abri de tout. Donc, je n'ai absolument pas vu le scandale. Quand je suis revenue, c'était terminé. C'est un souvenir génial pour moi. J'avais eu envie de faire cette chanson, je comprenais très bien le sens du texte." À l'époque, Charlotte a 12 ans.
Son demi-frère, Lulu, vient lui aussi de faire ses débuts en musique en composant pour Marc Lavoine. Charlotte évoque alors ses rapports avec le dernier fils de son père : "Il est très grand. Je suis très proche de lui, j'ai une grande affection pour Lulu, mais il est loin. Il est à l'université de Berklee à Boston. Je le vois rarement, mais il est venu à Los Angeles pendant l'enregistrement de l'album."
Sans langue de bois, Charlotte évoque également son rôle de mère. Elle a eu deux enfants, Ben, 12 ans, et Alice, 6 ans, avec son compagnon Yvan Attal. Elle regrette d'être une mère trop exigeante et pas assez forte : "Je me suis dit dernièrement que je n'étais pas assez costaude, que je ne leur montrais pas une image assez forte alors que pour moi mes parents étaient de piliers."
Autre sujet qu'elle évoque sans détour, celui de l'engagement politique et humanitaire : "À un moment, je me suis rapprochée d'une association qui s'occupait d'enfants en Afrique. Mais le fait de ne pas y aller me donnait le sentiment que c'était mensonger d'en parler sans savoir. Ma mère est un modèle incroyable, cela fait longtemps qu'elle est en relation avec Amnesty international." Le dernier combat de Jane ? Faire libérer l'opposante birmane Aung San Suu Kyi. Politiquement aussi, Charlotte reste à l'écart : "Ce n'est pas du tout mon truc de m'exprimer. Je descends juste dans la rue quand il s'agit d'éliminer Le Pen, c'est facile !"
Après l'interview, Charlotte Gainsbourg est allée répéter avec son groupe dans l'éventualité de monter sur scène. Parmi ses autres projets, il y a la sortie ce mercredi du nouveau film de Patrice Chéreau. Dans Persécution, dont l'avant-première s'est tenue la semaine dernière, l'actrice partage l'affiche avec Romain Duris et Jean-Hugues Anglade. Le 16 décembre sortira également le très attendu Max et les Maximonstres de Spike Jonze. Film auquel elle prête sa voix et l'une de ses chansons inédites.
2009 a été une année magnifique pour Charlotte Gainsbourg... Que 2010 lui soit aussi lumineuse, comme les Champs-Elysées illuminés il y a quelques jours !
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