Christie's organise le 14 octobre la vente de succession de feus Monseigneur le Comte de Paris et de Madame la Comtesse de Paris, soit près de 500 lots (argenterie, tableaux). Parmi eux, le lot 483 est particulièrement émouvant : il s'agit d'une "pochette brodée par la reine Marie-Antoinette à la prison du Temple", dont voici la description précise : "Rectangulaire, en faille ivoire, fils de soies de couleur, brodée de pensées et roses et d'un trophée composé d'une harpe avec des oeillets et roses, les deux motifs entourés d'une guirlande de feuilles, la doublure en soie verte; avec fac-similé de la dernière lettre de Marie-Antoinette adressée à Madame Elisabeth le 16 octobre 1793 à 4h30 du matin.
Pour voir la pochette et participer aux enchères (la pochette est estimée à 12 000 euros), il suffit de vous rendre sur le site de Christie's en cliquant ici.
Comment cette pochette est-elle arrivée intacte au XXIe siècle ? Elle est passée successivement dans les mains de Louise-Elisabeth de Croÿ d'Havré, duchesse de Tourzel, puis de Madame Orry, née Esther Musnier de Lalisier, et, par descendance, à H. Moreau-Rendu, avant d'être donnée à Henri, deuxième Comte de Paris, en 1927.
Avant de casser votre tirelire, vous pouvez voir l'ensemble des lots en sur le site de Christie's et en pdf en cliquant ici.
Une question nous taraude cependant : après la mort du comte de Paris, les héritiers avaient intenté une action contre sa compagne depuis 28 ans, Monique Friesz (le couple formé par le comte et la comtesse était officieusement séparé), car il ne restait plus rien du fabuleux héritage. Selon les héritiers du comte, Monique Friesz, aurait bradé le patrimoine, réalisant en quinze ans deux cents millions de francs d'actifs dont nul ne sait où ils sont passés.
Alors, d'où proviennent ces objets ? Selon Christie's, ils auraient été récupérés dans l'appartement du couple (qui n'était plus occupé que par la comtesse) sis rue de Miromesnil, à Paris. Et pourquoi cinq ans après le décès de la comtesse de Paris ? Les neuf héritiers n'ont sans doute pas dû se mettre d'accord sur la répartition des objets, d'où cette vente aux enchères. Encore un morceau du patrimoine de la France qui fout le camp !
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