Depuis quelques jours, un mini-séisme secoue le PAF et plus particulièrement son régisseur qu'est le CSA. En effet, le site lepoint.fr a relaté que les anciens professionnels de France Télévisions qui sont nommés dans cette institution, sont seulement détachés de leur employeur.
En d'autres termes, s'ils ne sont plus rémunérés par France Télévisions pendant leur mandat de six ans au CSA, il leur est possible de retrouver leur poste après la période d'activité de leur contrat et des trois ans de carence : après neuf ans, un ancien journaliste peut donc retrouver son statut, son salaire et son ancienneté qui ont été gelés le temps de son affiliation au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. Un privilège qui est possible grâce à la convention collective des journalistes.... mais qui est contraire aux règles déontologiques du CSA qui réfutent l'idée qu'un conseiller puisse avoir un intérêt dans une entreprise de l'audiovisuel.
En raison de cette contradiction, la question est posée quant à l'objectivité des dits-journalistes dans la prise de décision relative à leur ancien employeur : un journaliste qui vient de France Télévisions peut-il participer à un vote du CSA concernant France Télévisions ? Apparemment non, d'où la polémique soulevée par certains journalistes. Si Christine Kelly, nommée en janvier 2009, a démissionné de LCI et vendu ses actions dans l'audiovisuel pour éviter un quelconque conflit d'intérêt, d'autres s'y sont refusés comme Rachid Arhab (ancien journaliste de France 2 nommé en 2007) ou Françoise Laborde (également ancienne journaliste de France 2, nommée en 2009).
Devant l'envergure du mini-scandale, Rachid Arhab a choisi d'utiliser son droit de réponse dans Le Parisien, hier. Il déclare être parfaitement indépendant et ne comprend pas une telle polémique dans la mesure où il a rendu sa carte de presse (ce qui ne veut rien dire...) et qu'il n'est même pas sûr de refaire de la télévision après ces neuf années. Il avoue toutefois qu'il s'abstient parfois de voter pour certaines décisions... Par peur de subjectivité dans la prise de décision ?
Dans le Libération de ce jour, c'est Françoise Laborde qui répond à la polémique en minimisant les faits qui lui sont reprochés. Penser qu'elle met tout en oeuvre pour s'assurer un retour à l'emploi après ces neuf ans est inadmissible selon elle. Elle s'explique : " Si je m'inquiétais de mon avenir, je pourrais avoir tendance à être d'autant plus gracieuse [dans les décisions du CSA] avec Nicolas de Tavernost de M6 ou Nonce Paolini de TF1 pour négocier un travail hypothétique ! Le paradoxe, c'est que tout le monde se dit qu'il est bien de nommer des professionnels au CSA mais, par définition, les professionnels de la profession connaissent des gens dans la profession ! [...] C'est quand même formidable : les gens passent leur temps à dire que le CSA ne sert à rien et on nous traite comme si on était au coeur du système du pouvoir !"
Elle précise, en outre, ne plus détenir de carte de presse (ce qui ne veut rien dire, bis...) et être certaine de son indépendance : "Les gens corruptibles, ils sont corruptibles, point final. Aucun règlement ne les en empêche. Et j'ai déjà fait la preuve de mon indépendance."
Indépendance, certes. Mais on n'oublie difficilement sa famille... Libération pose d'ailleurs dans ces colonnes, une question intéressante : "Même s'il s'est fait piquer par Nicolas Sarkozy son pouvoir de nommer [le patron de France Télévisions], le CSA doit toujours donner un avis. Et le mandat de cinq ans de Carolis arrive à expiration l'été prochain... Rachid Arhab et Françoise Laborde vont-ils donner leur avis sur celui ou celle qui pourrait être leur futur patron en 2016 [pour Rachid Arhab] et 2018 [pour François Laborde] ?"
Difficile d'être objectif et complètement indépendant dans ce cas là, non ?
D'après nos informations, certains bruits de couloir (perfides sans doute ? ) laissent entendre que certains "pas contents" pourraient demander l'invalidation des décisions du CSA du fait de ce conflit d'interêt, très réel à leurs yeux ! Y a des méchants partout...
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