Anna Wintour, la célèbre rédactrice en chef du Vogue US, qui est crainte autant qu'elle est adulée par les créateurs, les magazines, les mannequins et les célébrités, entre autres, sera prochainement à l'affiche dans un documentaire réalisé par R.J Cutler, The September Issue, qui sortira en salles le 16 septembre. Documentaire que nous vous avions présenté il y a quelques semaines. A cette occasion, Le Figaro Madame avec la plume de Helen Nesbicci, a dressé le portrait de cette femme souvent glaciale et froide mais très touchante, dans son édition parue hier en kiosque.
Bien sûr, nous connaissons tous la papesse de la mode Anna Wintour, bientôt 60 ans. Non seulement de par sa notoriété aquise à la tête du célèbre magazine américain depuis 20 ans, mais également pour sa personnalité, caricaturée - pas tant que ça d'ailleurs... -, dans Le Diable s'habille en Prada, - adaptation du livre de Lauren Weisberger, son ancienne assistante -.
Mais nous connaissons moins la femme ou la mère de famille. Anna qui partage aujourd'hui sa vie avec le milliardaire Shelby Bryan est mère de Charlie, 22 ans et Katherine aka Bee, 20 ans, qui étudie le droit. Des enfants qu'elle a eus avec David Shaffer. Elle boit des litres de café tous les matins et adore le tennis. Autant de choses que nous ignorons. Tout comme le fait que le groupe Conde Nast dont fait partie le Vogue - et toutes ses éditions internationales -, est sous le coup d'un audit qui étudie les comptes des publications dont les siens... Madame Wintour est décorée de l'OBE (Order of British Empire), et a elle même connnu un fashion faux-pas, -selon le Time magazine-.
Dans son enquête, Le Figaro Madame confirme que cette femme solitaire, souvent critiquée, décide de tout en matière de mode au niveau international. C'est elle qui a toujours le dernier mot. Capable de faire reprendre une collection entière à un créateur à quelques semaines des défilés si ça ne lui plaît pas. Elle fait recommencer une session de photos qui ne la satisfait pas ou arrache même les pages de son propre magazine juste avant sa parution ce qui engendre des pertes colossales pouvant atteindre les 50 000 dollars. Ses paroles étant considérées comme la seule vérité, tout le monde l'écoute et se soumet.
La prononciation même de son nom fait froid dans le dos mais c'est aussi ceux qui la détestent le plus qui se soumettent le plus souvent à la moindre de ses volontés. Car depuis toutes ces années elle a fait ses preuves. Le Vogue US est lu par une américaine sur dix et le magazine est tiré à plus d'1,2 million d'exemplaires chaque mois.
Héritère d'un monde de la mode qui a été commandé par les plus grands noms, - Carmel Snow au Harper's Bazaar dans les années 40 et 50, Diana Vreeland au Vogue dans les années 60 et John Fairchild au Women's Wear Daily entre 1960 et 1990-, elle a su perpétuer les traditions tout en se modernisant. Elle a vite compris qu'aujourd'hui ce ne sont pas les mannequins qui portent la mode mais les jeunes starlettes, les chanteuses les actrices et autres célébrités. Dans un univers où la mode le luxe et les célébrités sont vénérés, elle gère de nombreuses responsabilités au quotidien, d'une main de maître, aidée par ses collaborateurs, Grace Coddington et Andre Leon Talley. Elle ne se déplace jamais seule. Pour un déplacement à Paris Anna Wintour est entourée de 10 personnes et la facture s'élève à 250 000 dollars !
Dans le documentaire The September Issue nous pourrons notamment assister à une rencontre entre Anna Wintour et Stefano Pilati, le directeur artistique de la maison Yves Saint Laurent, qui lui présente sa nouvelle collection. Anna reste extrêmement froide à la vue des créations qu'elle critique ouvertement. Stefano est humilié mais elle ne s'en soucit pas et ne cache pas sa déception. - Cette vraie scène n'est pas sans rappeler celle du film Le Diable s'habille en Prada, où un jeune créateur est près à redessiner toute sa collection à quelques semaines des défilés parce qu'elle ne plaît pas à Meryl Streep qui jouait son rôle -.
De nombreuses personnes jugent son travail comme vain et élitiste comme sa famille par exemple, - qui fait partie de la haute société londonienne et les frères et soeurs d'Anna sont dans des domaines qu'ils considèrent comme beaucoup plus respectables, la politique et le social -. C'est pour ces raisons qu'Anna Wintour a intégré dans ses pages beaucoup de raffinement, d'avantage de couture et de sujets sérieux, privilégiant une écriture haut de gamme. C'est ainsi qu'elle se rapproche de l'éducation qu'elle a reçue dans un milieu bourgeois et des écoles privées.
Malgré toutes les caricatures qui ont été faites sur elle, elle n'a jamais changé. Ni son tempéramment, ni son style. Anna Wintour arbore depuis toujours une coupe au carré avec une frange et a toujours été une femme d'aplomb, froide et exigente. Et tout le monde l'adore !
Elle est un des grands paradoxes des médias. Anna est détestée autant qu'elle est adulée. Personne ne peut aller contre ce pouvoir qu'elle possède sans doute malgré elle. Le monde la mode sait parfaitement que c'est elle qui a convaincu Bernard Arnault d'embaucher Marc Jacobs chez Louis Vuitton et John Galliano chez Christian Dior. Deux grands noms désormais incontournables des Semaines de la mode.
Avec ce documentaire, c'est la première fois qu'Anna se livre aux caméras. Elle reste de marbre certes, mais elle ouvre la porte de son intimité. Un quotidien rythmé par un emploi du temps chronométré à la minute. De son réveil à 5h 30 à ses cours de tennis matinaux dont elle ne peut se passer à ses brèves apparitions aux cocktails et dîners mondains.
Un documentaire très attendu par les gens du milieu de la mode et toutes les fashionistas. Le rendez-vous est donné pour le 16 septembre.
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