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Didier Barbelivien : "Avec Christophe, on était bourrés comme des cantines"...

News publiée Le Lundi 28 Septembre 2009 à 10:05
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"Tout le monde me demandait. Un jour j'écrivais pour Daniel Guichard, le lendemain j'étais en studio avec Karen Cheryl et Michèle Torr. Je rentrais chez moi, et Johnny voulait des chansons." Alors qu'on peut découvrir depuis quelques jours son duo avec la ravissante Tatiana Platon, ainsi que, depuis aujourd'hui, son nouvel album, Atelier d'artistes, Didier Barbelivien n'est pas avare en évocation des souvenirs. Et de l'âge d'or.

"On a fait les insolents avec l'argent, s'est épanché cet incontournable hitmaker (faiseur de tubes) de la chanson française auprès du Parisien. J'achetais des Mercedes, des pianos comme des pains au chocolat, cinq guitares d'un coup. Une fois, avec Christophe [qui envisage d'inviter Radiohead, Nick Cave ou encore Brian Eno sur le nouvel album qu'il compose actuellement, NDLR], on a débarqué chez Porsche. Il avait les biftons dans les poches, et a ouvert sa veste. Tous les billets sont tombés sur le bureau. On est repartis en quelques minutes avec une voiture. On faisait des bringues pas possibles, bourrés comme des cantines, jusqu'au petit matin. Et après, on me prenait pour un auteur studieux de chansons." En dépit de cette mythologie teufarde, à brûler la chandelle par les deux bouts, on est obligé de persister à croire en la facette "studieuse" et inspirée, dont son nées des chansons... par milliers ! Un mérite récompensé par son ami le président Nicolas Sarkozy, dont il ne manque pas un anniversaire, qui l'a promu chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur dans la promotion du Nouvel An 2009 : "Nicolas Sarkozy a une curiosité incroyable pour la chanson et il écoute de tout, glisse l'artiste. On le réduit au mec qui est fan de Barbelivien, Enrico Macias et Mireille Mathieu, mais il est plutôt du genre à me dire : Dis donc, t'as entendu le nouveau Calogero ?" Quant à Carla Bruni, qu'il a incitée à montrer ses textes : "Il y a belle lurette qu'elle n'est plus mannequin, affirme-t-il dans France Soir. Je la considère comme une auteure au même titre que Barbara, Véronique Sanson, Françoise Hardy ou Mylène Farmer".

A 55 ans, cette éminence du paysage musical français cultive sa dualité : si, dans le nid qu'il partage avec sa nouvelle compagne Laure (un "petit loft à deux balles" sis... porte d'Auteuil, avec une vue imprenable), il ne cesse de créer - Sylvie Vartan y a ainsi gagné quelques titres pour son nouvel album, Michel Sardou ne va pas tarder à découvrir ce qu'on a écrit pour lui -, il dit pourtant n'avoir qu'une hâte - "se casser" : "Ma maison est là-bas [en Afrique], j'ai été élevé au Congo. Mon père y faisait de l'import-export de bestiaux. A l'âge de 6 ans, je suis arrivé en France. Puis j'ai acheté une baraque en Casamance [une région du Sénégal au profit de laquelle il vendait l'an dernier de nombreux effets personnels, NDLR]. J'ai hâte d'y retourner, de me casser."

De ses débuts fulgurants, à la vingtaine (en 1975-1976), lorsqu'il signa Michèle, chanson "tubifiée" par l'interprétation de Gérard Lenorman, et Petite Fille du Soleil, chantée par Christophe, il reste des milliers d'écrits (une fois n'est pas coutume, les paroles ne se sont pas envolées), en partage avec un public à l'image du répertoire : gigantesque. "Tous ces titres me rapportent encore beaucoup d'argent, avoue-t-il sans pudeur particulière. Celle qui arrive en tête, de loin, c'est Les Sunlights des Tropiques, toujours diffusée dans les fêtes. Elle doit générer 100 000 euros de droits d'auteur par an."

Didier Barbelivien n'est pas rassasié, et ouvre donc, deux ans après avoir fait l'Etat des lieux, son Atelier d'artistes ce 28 septembre 2009 : "Pendant des années, j'ai été considéré comme un auteur qui chante alors que je me suis toujours senti comme un chanteur qui écrit, explique-t-il à France Soir concernant la genèse de cet album. C'est Julio Iglesias, que j'accompagnais en province, qui m'a demandé pourquoi je ne me produisais pas sur scène en reprenant les tubes que j'avais écrits pour d'autres (...) J'ai donc voulu tenter le coup et je les ai réenregistrés en studio."

Un atelier - incluant un DVD - où l'on retrouve ses grands classiques (outre Michèle et Petite Fille du soleil, Mademoiselle chante le blues, Il tape sur des bambous ou Elle m'oublie), précédés par une reprise de Quand je t'aime, de Demis Roussos, interprétée en duo avec Tatiana Platon, comme vous pouvez le découvrir en vidéo en cliquant ici.

G.J.



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