Il n'est plus le même depuis longtemps. Il a bien changé. Bruno Beausir, que la France connait sous le nom de Doc Gyneco, est un rappeur en perdition. Son public ne répond plus. Son dernier album, Peace Maker (produit par le fils Sarko), ne s'est pas vendu du tonnerre. Alors oui, c'est la crise du disque, la crise financière, et la crise de tout ! Rien ne va plus, mais lui d'abord.
En pleine crise existentielle, c'est la liberté d'avouer ses convictions que Doc Gyneco a revendiqué il y a plus de deux ans. C'est aussi ce qui l'a fait basculer. Comme une envie de moules-frites, le rappeur à priori en rébellion a défendu et soutenu le candidat Sarkozy. C'est ainsi qu'il s'est mis à dos la quasi absolue totalité de ses confrères et des fans de rap. Même le public de Carla Bruni n'a pas fui aussi loin.
Adepte du bon mot, de la belle tournure, Doc Gyneco a donné une interview au magazine VSD. Ce fut pour ce reconverti comédien - il joue dans Le Siècle sera féminin ou ne sera pas au Théâtre du Gymnase-Marie-Bell - le bon moment pour placer un non-sens dont lui seul à le secret.
Glissant en pente et sans frein, Doc Gyneco s'est engouffré sur le terrain politique, lorsque la journaliste lui a demandé ce que lui inspire la gauchiste Martine Aubry, à lui l'homme de droite... Il s'est concentré, et a déclaré : "Ce qui me fait craquer, c'est son petit regard coquin et je sais de quoi je parle. Moi, les femmes, je sais les regarder et pas que dans le décolleté !"
Doc Gyneco, fin observateur, malin séducteur...
Plus loin, et plus loin, il ajoute que la présidente du Medef Laurence Parisot lui fait de l'effet : "Elle, je l'aime ! J'ai un infini respect pour ces femmes qui ont une beauté intérieure. Christine Lagarde et Michèle Alliot-Marie dégagent plus d'érotisme que Paris Hilton et Pamela Anderson réunies !"
Troublant.
Contre tout reproche pour sa position politique, il a pour habitude de se défendre avec pour seul bouclier : "Je ne suis pas sarkozyste, je suis sarkozien... Le jour où mon ami ne sera plus président, je ne m'intéresserai plus à la politique"...
Et si son public avait décidé de faire pareil ?
Alber Ola
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