C'est ce que l'on peut appeler un sacré conflit d'intérêt, ou une belle violation de la déontologie !
Les deux journalistes Rachid Arhab et Françoise Laborde sont membres du CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) pour six ans, mais n'ont pas démissionné de leurs anciennes fonctions sur France 2, et n'ont été que "détachés" auprès du CSA. S'ils ne peuvent cumuler les deux emplois, cette assurance de retrouver leurs fonctions à France Télévisions après leur mandat au CSA peut choquer.
Selon le CSA, il n'y a aucun problème à tout ça, comme nous l'apprend Le Parisien : "Le détachement résulte de la loi ou de la réglementation. Pour exercer un mandat national parlementaire ou européen ou pour être membre du gouvernement, le journaliste est détaché d'office, prévoit en effet l'article 35 de la convention collective des journalistes. Il en est de même pour l'exercice d'une fonction dans un cabinet ministériel. A l'issue de ce détachement, il est réintégré de droit avec le bénéfice de son ancienneté dans sa résidence, en priorité dans son ancienne fonction ou, sinon, dans un poste équivalent".
Etrange système qui permet à ces deux journalistes d'avoir le beurre... et l'argent du beurre !
Si Rachid Arhab n'a pas souhaité répondre aux questions du Parisien, Françoise Laborde ne voit pas où est la polémique : "Mon contrat de travail est suspendu. Je n'ai aucune raison de démissionner, ce serait considéré que je suis mal à l'aise. Or, je ne le suis pas. Il y a une disposition de droit qui s'applique, validée par le Conseil d'Etat et France Télévisions. Et j'ai suffisamment fait la preuve de mon indépendance d'esprit - qui n'est pas liée à mon statut administratif ou juridique - pour n'avoir à recevoir de leçon de personne".
Pourquoi être sur la défensive si tout est objectivement normal ? Et travailler six ans, puis avoir trois ans de carence, pour être sûr de retrouver son poste et tous ses avantages neuf ans après en avoir été détaché... n'est-ce pas tirer un peu sur la corde ?
Agnès Molinier, présidente de la Société des Journalistes de France 2 confie, toujours dans le quotidien : "Je ne connais pas de journalistes qui peuvent revenir dans leur entreprise d'origine neuf ans après l'avoir quittée. Cela me paraît un énorme privilège dont bénéficient des personnes censées devoir montrer l'exemple car ce sont, en quelque sorte, nos pairs". Elle ajoute qu'à la date de leur retour il devrait y avoir (9 ans après, ça parait évident...) une éventuelle suppression des postes des revenants et ils toucheraient alors leurs indemnités de licenciement...
Il paraît clair que le système de détachement n'est pas sain... une nouvelle réforme M. Sarkozy ?
A.I.
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