Le 63e Festival d'Avignon, qui a démarré le 7 juillet et qui se tiendra jusqu'au 29 juillet dans le Vaucluse, a cette particularité de proposer à ses visiteurs un programme "officiel", dit le "in", et une programmation alternative, dit le "off", dont le fondateur - André Benedetto - nous a malheureusement quittés en début de semaine.
C'est justement dans le "off", que l'auteur et metteur en scène Diastème - ancien journaliste, et notamment auteur du scénario du Coluche d'Antoine de Caunes -, propose sa nouvelle création, L'amour de l'art.
Pour cette pièce, qui se joue actuellement au Théâtre du Chêne noir, il retrouve la ravissante Emma de Caunes, qu'il avait déjà dirigée dans une précédente pièce - La nuit du thermomètre -, ainsi que dans son premier film - Le bruit des gens autour.
Son auteur définit son envie et sa pièce ainsi : "J'avais l'idée d'une histoire d'amour, une brève rencontre, comme dans les films en noir et blanc. Je me demandais pourquoi, la plupart du temps, on ne tombait pas amoureux de la bonne personne. Pourquoi ça aurait pu marcher, pourquoi ça ne marchait pas. Je pensais à Marilyn Monroe, à l'icône, à l'actrice, à sa carrière si réussie, à sa vie amoureuse si ratée. Il y avait aussi ce défi : prouver que le théâtre était plus fort que la magie. En magie, quand on révèle le tour, le truc, la magie n'opère plus. J'avais envie de montrer qu'en dévoilant la création d'une pièce, l'envers du décor, jusqu'à son plus grotesque, jusqu'à son plus risible, l'émotion subsistait, la magie opérait encore. J'avais envie de rire. De rire comme on rit au théâtre, dans les loges, les coulisses, en régie. Galerie d'énergumènes, situations absurdes. L'histoire s'est mise en place. Celle d'une comédienne en tournée, qui interprète Marilyn sur les planches, et qui tombe amoureuse de celui qui l'éclaire. Histoire à durée déterminée, flirt de vacances, relation impossible : tout le monde connaît, théâtre ou pas. Je voulais une confidente, un valet de comédie. Quatre personnages, un décor, des enjeux. Je voyais de quoi je voulais parler".
Pour incarner sa Marilyn, Diastème a pensé à la belle Emma, qui, avec une perruque péroxydée, une nuisette moulante et satinée, et son air ingénu, pouvait naturellement séduire et faire des merveilles dans son interprétation de cette icône absolue. Malheureusement, la comédienne (et la pièce) ne font pas l'unanimité, notamment dans les pages du Figaro, qui passe à la moulinette cette création.
On peut ainsi lire dans les pages du quotidien : "Emma de Caunes a du mal à être à la hauteur", ou "Malgré des éclairages tamisés, en nuisette crème sur jambes galbées et talons hauts, l'actrice ne convainc pas", avant de conclure sa critique par un "Dommage que les personnages soient à la limite de la caricature et le dénouement attendu".
On a connu la belle Emma en meilleure odeur de sainteté...
Adam Ikx
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