Le Nouvel Observateur a recueilli ses impressions au cours d'une interview dont nous vous rapportons des extraits. Si enfant, il n'écoutait pas Gainsbourg, "pas plus qu'un autre", pour l'interpréter, il a fait un gros voyage, physiquement déjà : "Je passe du petit oiseau au mec un peu bouffi avec les yeux qui pleurent." Mais surtout, il a tout fait pour ne pas tomber dans "le côté clone, imitateur".
Il explique également les répercussions de son rôle, concrétisées ou envisagées. Ainsi, il se plaît à entendre son nom quand Emmanuel Bourdieu, réalisateur d'Intrusions dans lequel il a joué et fils du grand sociologue Pierre Bourdieu, parle de lui et que personne ne répond plus : "Mais c'est qui, Elmosnino ?" Ce film lui fait indéniablement gagner des points en terme de notoriété mais rappelons qu'il a tout de même joué, entre autres, dans Le Colonel Chabert, Liberté-Oléron, Actrices et plus récemment, Bancs Publics.
Son prochain projet est une autre biographie pour la télévision, celle de l'écrivain humaniste Rabelais. Il ajoute malicieusement : "Au moins, personne ne pourra me dire - comme on va le faire certainement pour mon Gainsbourg - qu'il n'était pas comme ça !" Effectivement, quand on touche à une icône, les critiques peuvent ne pas être tendres, comme pour les deux films sur la styliste Coco Chanel ! Sa fille Charlotte a d'ailleurs déclaré qu'en lisant le scénario, elle n'y retrouvait pas son père...
Le cinéma et la télévision le réclament, mais il veut rester fidèle aux planches, lui qui a fait ses armes Conservatoire de Saint-Germain-en-Laye. Il a d'ailleurs joué avec Isabelle Huppert dans la fameuse pièce de Yasmina Reza primée aux Tony Awards, Le Dieu du carnage. Malgré son emploi du temps chargé, il jouera cette saison à la Madeleine un texte sur Flaubert écrit par Louis-Charles Sirjacq. Il reprendra aussi le spectacle d'Amos Gitaï, metteur en scène israélien renommé pour ses films bouleversants comme Kadosh. Il jouera alors dans La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres à l'Odéon au côté de Jeanne Moreau : "Elle est fraîche, bagarreuse, elle a du caractère Jeanne. Et il en faut avec Gitaï. Il est très destabilisant, il n'a rien de démonstratif. Mais quand il parle, il est brillant, on sent une intelligence, ce qui me séduit toujours".
Eric Elmosnino termine l'entretien en rendant un bel hommage à Jean-Paul Roussillon, le comédien français césarisé pour Un conte de Noël qui nous a quittés le 31 juillet 2009 : "Et j'aurais bien aimé continuer à aller dîner les dimanches soir avec Jean-Paul Roussillon : quand on écoutait cet homme-là parler du métier d'acteur, ça remettait les pendules à l'heure".
En lisant ses mots, on sent l'âme d'un grand comédien qui nous subjugue déjà par son étonnante ressemblance avec Serge Gainsbourg. Nous n'attendons que plus impatiemment de le voir à l'oeuvre dans le biopic prévu en salles en janvier 2010, avec également Laetitia Casta et la regrettée Lucy Gordon dans les rôles respectifs de Brigitte Bardot et Jane Birkin.
SY
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