Agaçant, irrespectueux, irrévérencieux, tête à claques, peu ouvert d'esprit, doté d'une critique facile et assassine c'est ce qu'on peut lire ici ou là : Eric Zemmour ne fait pas l'unanimité. Le journaliste de 51 ans fait les beaux jours de l'émission de Laurent Ruquier, On n'est pas couché (pour laquelle il a resigné) dans laquelle il dit tout le mal qu'il pense de notre société actuelle et prône les valeurs d'antan et l'amour de notre patrie. Lui et Eric Naulleau (appelés "les Z'eric") s'en donnent à coeur joie, n'hésitant à tirer à boulets rouges... souvent sur des ambulances.
Pourtant, malgré la dureté - voire la méchanceté quelquefois - dont il peut faire preuve, une personne a choisi de le défendre. Une personne s'élève contre l'idée selon laquelle il n'est qu'un vilain chroniqueur. Cette personne, c'est Ariane Massenet.
Dans La Parisienne (supplément du Parisien), la journaliste et chroniqueuse du Grand Journal sur Canal + prend la défense d'une personnalité dans une rubrique intitulée L'avocate du diable : chaque mois, une subtile plaidoirie est rédigée sous la plume (ou plutôt le clavier) de Massenet. Après avoir pris la défense de Rachida Dati, Ariane joue cette fois l'avocate du diable pour défendre Eric Zemmour. C'est en tout cas le concept posé ; car si cet article est censé être une plaidoirie pour le chroniqueur de Ruquier, il est possible de lire en filigrane des critiques joliment évoquées sans être affirmées. C'est donc avec talent qu'Ariane nous parle du Diable du PAF... Extraits.
"[...] Le voilà bouffeur de soixante-huitards, briseur d'utopistes, pourfendeur du droit de l'hommisme, adorateur sans goût de la chemise à carreaux, réactionnaire intègre adoubant les belles lettres d'hier et vomissant les mauvais livres d'aujourd'hui [...]. Comme [les bobos], il ne lit plus le Figaro, il y travaille c'est déjà bien assez, comme eux, il ne part pas à Saint-Tropez, mais préfère se réfugier dans des destinations plus atlantiques, dans ces patries mouillées du mois d'août qui fleurent bon le ciré jaune et le port des chaussettes Burlington, comme eux il est abonné à Chasse Marée [...]. Pourquoi cette méchanceté, ces accusations lourdes, ces piques qui viennent chahuter sa maigre musculature ? Non, Eric Zemmour ne cède jamais aux modes, non Eric Zemmour ne soulève pas de la fonte dans des clubs privés parisiens métrosexuels [...] Il boit du café, affirme, contredit, écharpe le cas échéant, pour mieux se donner à sa maîtresse, cette dame qui lui a tout donné et à qui il donne tout : la France. [...] Ce n'est pas parce que l'on porte encore des caleçons Coup de Coeur et que l'on chausse des mocassins collège que l'on mérite l'opprobre[...]. Eric Zemmour est un être sensible, peu doué pour les sports modernes comme la drague [...]. J'aime sa certitude d'être un bon écrivain [...]. Eh oui, Zemmour mérite qu'on s'intéresse à lui. C'est pour cela que j'ai voulu prendre sa défense. Et sans doute pour éviter qu'un jour il ne m'adresse une droite."
Alors Eric Zemmour (un homme pas glamour, selon Arielle Dombasle), un talentueux empêcheur de tourner en rond doublé d'un vrai gentil ou l'ennemi numéro 1 du monde artistique ?
AJC
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