Le 20 mai prochain sortira en librairie l'ouvrage Fadela Amara, le destin d'une femme, écrit par Cécile Amar, journaliste au Journal du dimanche, qui a décidé de lever le voile sur la secrétaire d'Etat à la Politique de la Ville, en fouillant dans son passé afin de retracer au plus près son parcours.
L'Express nous révèle aujourd'hui des passages exclusifs de cette biographie approfondie, à commencer par le récit de son ascension - non sans écarter les gêneurs - au rang de présidente du mouvement féministe Ni putes Ni soumises, fondé en 2003 suite au succès de l'opération la Marche des femmes des quartiers pour l'égalité et contre les ghettos.
Outre cette période, qui révèle une Fadela Amara radicale et détonnante, une difficile affaire de famille - qui a été une épreuve terrible pour elle - est révélée dans ce livre.
Le 14 février 1984, le bijoutier André Baster et sa femme Marie-Louise rentrent chez eux, à Joze, une commune située dans le Puy-de-Dôme, et se font braquer par trois hommes cagoulés et armés. Quelques instants plus tard, le propriétaire de la maison est assassiné par un coup de feu. Le cambrioleur qui a tiré n'est autre que Hassein Amara, 23 ans, le frère aîné de Fadela.
S'en suivent alors des années de combat, afin que cet homme, arrêté sept ans plus tard, soit défendu comme il en a le droit. Cécile Amar raconte : "Ce drame ruine Fadela, qui se démène, emprunte à qui elle peut pour régler les frais d'avocat. Elle se bat, toute seule, sans rien dire, pour son frère, ou plutôt pour ses parents. Et craque parfois."
Le 11 octobre 1995, Hassein Amara est condamné à seize ans de prison. Durant son incarcération, sa carte de séjour arrive à expiration, commence alors une nouvelle quête pour Fadela : réussir à lui obtenir un titre de séjour.
Après de nombreux découragements, lorsque Nicolas Sarkozy accède au poste de ministre de l'Intérieur, le soulagement arrive. "Je ne sais pas si Sarko a donné des ordres, mais mon frère a eu enfin ses papiers" dit-elle.
Est-ce pour ça que la secrétaire d'Etat à la Ville, encartée au Parti Socialiste jusqu'en 2007, défend bec et ongles et tempère les propos parfois désobligeants qu'elle entend sur le président de la République ? Sûrement.
Les liens entre le chef de l'Etat et Fadela Amara seraient-ils, grâce à cet épisode qui a terminé un long combat, un peu plus étroits que nous le pensions ? "Tu ne sais pas ce qu'il a fait pour mon frère", dit-elle parfois. Ne jugeons pas, car c'est vrai, nous ne savons pas.
Laureline Reygner
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