Farida Khelfa, actuellement à l'affiche du film Neuilly, sa mère !, a joué pour Josiane Balasko (Les Keufs), Cédric Klapisch (Paris) ou Virginie Thévenet (Jeux d'artifice).
Mais, avant de devenir actrice, elle a été un mannequin reconnu, la première icône "beur" des années 80 qui a su bousculer certains codes et conquérir le coeur de grands créateurs tel que Jean-Paul Gaultier.
Trente ans plus tard, le magazine Madame Figaro a décidé de faire une double interview du styliste et de sa muse, dans laquelle ils racontent leur rencontre, leur parcours parallèle, et leur vision de la mode actuelle.
"J'ai eu un coup de foudre pour cette fille qui m'intimidait. Et puis, elle incarnait exactement ce que j'aimais : la différence. La différence, c'est précisément ce qui m'a toujours captivé chez les autres" déclare-t-il. "Moi je me souviens surtout des premiers essayages et de la minijupe en peau de vache que j'ai porté pendant des années. A l'époque, j'étais une rien du tout. J'avais fui Lyon et ma famille, j'ai été une fugueuse recherchée jursqu'à mes 18 ans. Je faisais partie de la bande des branchés du Palace. (...) On avait pas d'argent, on s'habillait aux puces, on adorait sortir et danser" rétorque-t-elle.
Si elle n'avait pas conscience de ce qu'elle dégageait, le créateur lui, a tout de suite été touché par la jeune femme. Il explique : "Je me suis rendu compte plus tard que Farida n'avait jamais eu confiance en elle alors qu'elle avait un pouvoir absolu sur les gens. Cette noblesse et cette drôlerie. A l'époque, elle parlait le verlan, c'était inhabituel. Rien ne lui faisait peur, pas même le président Mitterrand !"
Celle qui est une amie proche de Carla Bruni (elle a d'ailleurs été son témoin de mariage avec Nicolas Sarkozy), explique ne plus trop saisir les codes fashion du moment : "Ce qui a tout changé dans la mode, c'est l'argent roi. A l'époque, les défilés de mode étaient des shows de bric et broc, de véritables happenings. (...) Ce n'est pas un jugement de ma part, mais ça n'a plus été pareil (depuis les années 90 ndlr). Aujourd'hui, les filles sont sublimes mais ce sont des robots."
Admiratifs l'un de l'autre, ils ne peuvent s'empêcher de se faire une déclaration pleine de tendresse. Jean-Paul Gaultier affirme : "Farida est devenue ce qu'elle méritait d'être : une mère de famille (elle est en couple avec Henri Seydoux ndlr), une femme élégante, une grande dame et une actrice...", et Farida répond : "C'est un grand couturier et un grand artiste parce que la mode est son essence même, son obsession, sa vie."
Pour terminer l'entretien sur une note enjouée, le styliste nous révèle qu'il rêve ardemment d'avoir une relation avec Madonna, pour qui il a imaginé de nombreux costumes. Il affirme également : "Et dans la vie, figurez-vous que je lui ai demandé sa main par trois fois. Elle a refusé avec beaucoup de délicatesse. C'était sans espoir..."
Pour découvrir la totalité de cette interview empreinte de respect mutuel, d'amour et de forte passion placée sous le signe de la mode, rendez-vous en kiosques samedi !
Avec l'aimable autorisation du Figaro Madame, toute reproduction interdite.
L.R
Faire un lien vers cet article










Cliquez sur un smiley pour l'insérer.