Le 13h de TF1 présenté par Jean-Pierre Pernaut, journal télévisé le plus populaire de France, est au coeur d'une véritable polémique depuis jeudi 23 juin... En cause : la diffusion à cette date d'un faux témoignage. Une affaire qui n'a pas mis longtemps à donner naissance à un véritable scandale ! Aujourd'hui, lundi 27 juin, lors du journal de 13h, Jean-Pierre Pernaut s'est excusé publiquement. Pour tous ceux qui ne se trouvaient pas derrière leur poste à cet instant-là, Purepeople.com a décidé de vous retranscrire les excuses du roi du 13h.
Une fois que le journal a bien commencé, le journaliste déclare : "A propos d'éducation, dans ce journal, jeudi dernier, nous avons diffusé un reportage consacré au contrat de responsabilité parentale (CRP) mis en place dans les Alpes-Maritimes pour lutter contre l'absentéisme scolaire. Dans ce reportage, les informations étaient exactes et vérifiées. En revanche, un témoin présenté pendant quelques secondes comme une mère de famille était en fait une attachée presse, sans enfants, du conseil général. Dès qu'on a eu connaissance ici à TF1 de ce faux témoignage, réalisé à la demande des journalistes de la société NMTV, qui assure la correspondance de TF1 dans la région, et bien on a demandé au groupe de presse d'en tirer les conséquences auprès de ses deux collaborateurs afin de retrouver la confiance qui existe depuis plus de vingt ans dans ce partenariat. Nous sommes, en tout cas, sincèrement désolés de ce manquement inadmissible au sérieux, à l'éthique et à la déontologie de l'information. C'est la première fois dans l'histoire de nos journaux. Nous ne pouvions, ici, ni déceler ni imaginer pareille faute malgré les procédures de contrôle mises en place pour chacun des 15 000 reportages que nous diffusons chaque année. Néanmoins, nous vous prions bien évidemment d'accepter nos excuses."
Rappel des faits : alors qu'un sujet sur le contrat de responsabilité parentale (CRP) mis en place dans le cadre de la loi contre l'absentéisme scolaire par le président (UMP) du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti est diffusé, une mère de famille témoigne de sa situation : "J'ai un enfant qui ne va plus à l'école, qui commence à sécher. Je suis un peu inquiète, l'éducation m'a alertée." Jusqu'ici rien à signaler. Du moins jusqu'à ce que Jacques Victor, président du groupe communiste au conseil général, reconnaîsse cette femme qui, en plus de n'avoir pas d'enfant, n'est autre que l'attachée de presse d'Eric Ciotti...
Les réactions ne se sont pas fait attendre, et TF1, par l'intermédiaire de sa directrice de l'information Catherine Nayl, exprime alors son mécontentement : "Je suis en colère par rapport à la façon dont les journalistes de Nice Matin, qui travaillent dans le cadre de nos accords avec la presse quotidienne régionale, ont réalisé leur reportage." Catherine Nayl n'a pas hésité à joindre Frédéric Touraille, directeur général délégué de Nice Matin, pour lui faire part de sa colère et lui demander des explications : "Je lui ai dit mon extrême mécontentement. Ce n'est pas à moi de voir quelles sont les suites à donner, mais je ne peux pas accepter ça sur l'antenne de TF1", a-t-elle poursuivi.
Du côté de Nice Matin, on rejette la faute sur la filiale chargée de réaliser le reportage : "C'est une filiale qui réalise les reportages dans le cadre de contrats de correspondance avec TF1, pas la rédaction. Je ne veux pas que cette affaire lui porte préjudice", a précisé Frédéric Touraille, par ailleurs gérant de cette fameuse filiale, NMTV.
Du côté du conseil régional, Eric Ciotti a également réagi : "Je n'étais pas au courant. C'est une faute professionnelle", précisant que son attachée de presse avait témoigné "à la demande de TF1". Une attachée de presse qui a finalement présenté sa démission, acceptée immédiatement par le président du conseil régional.
Selon Le Parisien, c'est l'annulation de dernière minute de la mère de famille qui devait intervenir en tant que témoin qui a poussé la jeune attachée de presse à la remplacer au pied levé. Poussée par les journalistes et sans vraiment réfléchir aux conséquences, elle aurait fini par céder.
Résultat de cette polémique : le journaliste intervieweur et le caméraman ont été mis à pied trois jours et ils seront convoqués par la direction de NMTV demain, mardi 28 juin. Quant au partenariat entre la rédaction de TF1 et Nice Matin, il n'est pas menacé. "L'acte commis est un acte individuel. Ni le conseil général des Alpes-Maritimes, ni TF1 n'en sont responsables. Ce n'est pas à TF1 de sanctionner les fautifs", a expliqué Catherine Nayl.
Retrouvez les excuses de Jean-Pierre Pernaut dans le journal de 13h du lundi 27 juin 2011 à partir de la 13' minute.
Chloé Breen
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