On le sait, à compter de janvier 2009, France Télévisions n'aura plus le droit de diffuser d'espaces publicitaires après 20 h. Un sérieux manque à gagner, vécu comme un séisme par les animateurs-producteurs du service public.
Ainsi, Julien Courbet, détenteur - avec son Service Maximum - de la case 18h50 sur France 2 du lundi au jeudi, confie au Parisien s'être vu attribuer un budget de 25% inférieur à celui de Laurent Ruquier, son prédécesseur sur cette tranche.
L'animateur a dû réduire ses marges (7% sur France 2, contre 20% sur TF1), mais aussi son cachet (- 45 %) et celui de ses chroniqueurs, et l'accueil de ses invités. Il explique : "Sur TF1, la loge était plus équipée, avec un beau bouquet de fleurs, une grande corbeille de fruits et un cadeau, comme un lecteur MP3, pour l'invité. Là, on n'offre qu'une bouteille de champagne". Voilà qui devrait lui valoir une nouvelle pique du Président de la République, qui malgré la crise économique qui secoue la France, trouve toujours une minute pour donner son avis sur la télévision publique.
Mais les restrictions n'affectent pas que les animateurs et leurs invités. A l'écran aussi, les réductions se voient ! Moins de caméras, moins de chroniqueurs, moins d'éclairages, des décors moins chers... Au lieu de tirer la télé vers le haut, les décisions du gouvernement la ramènent à l'époque de l'ORTF. Alors qu'en face, malgré des baisses d'audiences, la concurrence continue de vivre dans l'opulence.
Pour le moment, France Télé privilégie ses primes, comme les émissions de Patrick Sébastien (une locomotive d'audience), qui permettent encore de rapporter des recettes.
Seul hic, dès janvier, ce sont les access qui seront les dernières cases bankable, et vue la qualité des programmes sur ces horaires là (un p'tit coucou à Christophe Hondelatte), le service public pourrait fêter l'arrivée de 2009 avec du pain sec et de l'eau (du robinet).
Ainsi, il faut faire de la télé publique avec peu de moyens. Résultat, on voit apparaître des talk-shows un peu partout, notamment le week-end et en deuxième partie de soirée.
L'Objet du scandale, présenté par Guillaume Durand le dimanche, ou Café littéraire de Daniel Picouly, un vendredi soir sur deux, sur France 2, cachent la misère. Une table, cinq chaises, peu de caméras, et on discute pendant près de deux heures sur un sujet. Conséquences : des audiences dignes de Canal + (en cryptée).
Ah oui, le gouvernement sait comment sauver la télé ! En tout cas, chez TF1, on est ravi...
Julien Lamury
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