Il est malin, ce Nicolas Sarkozy. Nommer Frédéric Mitterrand ministre de la Culture, en remplacement de Christine Albanel, c'est un fameux pied-de-nez à l'opposition. Autant le PS pouvait se payer régulièrement Christine Albanel, autant ce sera difficile d'attaquer le neveu de Tonton, et surtout pas sur sa légitimité, même si il n'a jamais été un militant de gauche pur et dur.
Politiquement, voilà un homme qui ne peut être soupçonné de sympathie pour l'ultra libéralisme.
Humainement, il sera rassembleur et les minorités se reconnaîtront volontiers en lui, puisqu'il n'a jamais fait mystère de ses préférences sexuelles.
Professionellement, il a la compétence : écrivain, cinéaste, scénariste, producteur, il a toujours été en phase avec son époque. Il était jusqu'à présent directeur de la Villa Médicis, à Rome. Il connaît le prix de la culture : il a tiré le diable par la queue pour maintenir à flot, pendant quinze ans, ses trois cinémas d'art et d'essai parisiens. Il est suffisamment "cultivé" lui-même pour éviter l'élitisme trop souvent associé à la culture.
Seul bémol, il n'est pas connu pour être un animal politique et n'aura sans doute pas la rouerie d'un Jack Lang .
Cette nomination à la culture est une "tâche exaltante et un grand honneur", a-t-il déclaré ce matin.
Bonne chance, Frédéric. Avec des casseroles comme la loi Hadopi, ce ministère n'aura rien d'une promenade de santé.
Il n'a donc pas attendu que le président fasse faire l'annonce demain matin du remaniement... il s'est annoncé, tout seul !
Frédéric ne commence pas avec les crimes de lése-majesté...
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