Georges Moustaki dit tout sur sa santé : "J'ai reçu un signal d'alarme, je le prends au sérieux"...
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Alors que l'annulation de ses concerts à venir a suscité une vive inquiétude concernant son état de santé, Georges Moustaki s'est ouvert aujourd'hui sur ce qu'il en est réellement. Les bronches fragilisées, il a dû renoncer à promouvoir son album Solitaire (paru en mai 2008), à se produire en Espagne, en France, en Suisse et au Maroc, mais aussi à assister aux événements de son amie Ségolène Royal. Ce collectionneur d'accordéons et de bons mots a ouvert sa porte à Bibliobs, le site littéraire du Nouvel Obs, pour confirmer qu'il est... en état d'alerte.
"Je n'ai pas envie de tricher avec ma condition physique... J'ai reçu un signal d'alarme, je le prends au sérieux", a-t-il ainsi indiqué. Du côté de son entourage professionnel, on avance qu'il ne s'agit que d'une pause, non d'un arrêt définitif.
Mais le disciple idolâtre de Brassens, pour sa part, se veut moins pragmatique et plus philosophe - avec la touche d'épicurisme qui lui sied : "Sans être hypocondriaque, je suis très attentif à ma santé, explique-t-il. Elle me permet de réaliser mes plaisirs et mes passions. Aujourd'hui elle m'inquiète car mes excès passés (surmenage, tabac, alcaloïdes divers), voyages intensifs, overdose d'avions, marathons sur scène, troisièmes mi-temps plus les méfaits de l'âge m'ont épuisé."
A 74 ans, "je suis obligé de jeter l'éponge et de me tourner vers diverses thérapies pour limiter les dégâts, conclut-il. Et de me reposer."
Compositeur parolier des plus grands noms de la variété française, l'interprète consacré du Métèque va faire des déçus parmi ceux qui savent que chaque spectacle de Georges Moustaki est différent du précédent. "J'ai pensé qu'il valait mieux tout arrêter plutôt que d'envisager chaque concert avec l'angoisse de ne pas être en possession de tous mes moyens quand je monte sur scène." Une forme de conscience professionnelle qu'on ne peut que louer.
Lui qui place sa foi dans l'élégant aphorisme "l'homme descend du songe" ne cesse pas pour autant d'être passionné, et dit écrire "des chansons presque toutes les nuits en [s']endormant" pour "quelquefois [les retrouver] au réveil".
Et, lorsqu'il cite Henry Miller - "Quand on ne sait pas où on va, tous les chemins vous y mènent" -, on n'a qu'une envie : lui souhaiter que son périple se poursuive dans les meilleurs conditions.
Guillaume Joffroy
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