Un come-back au bout de... 35 années d'activité ! A 66 ans et après des années d'une disette difficile à vivre pour la chanteuse (d'un point de vue très pragmatique, particulièrement), Georgette Lemaire fait son grand retour sur le devant de la scène.
Repérée aux puces de Saint-Ouen alors qu'elle avait une vingtaine d'années, révélée par la Star Ac' de l'époque (Le jeu de la chance) et starisée aux côtés des plus grands (Brassens, Barrière, Macias), Georgette Lemaire avait eu du mal à rester sous les feux de la rampe, y compris après avoir été faite chevalier des arts et des lettres en 1986 et après que Spielberg eut utilisé Des millions d'amoureux pour Munich.
Outre un album entièrement inédit paru le mois dernier, Inoubliable, elle se rappellera également à notre bon souvenir sur scène au sein de la tournée des idoles 2010, Age tendre et têtes de bois, indique France-Soir. Une autobiographie devrait également voir le jour prochainement.
A l'occasion de son retour dans la lumière, elle s'est exprimée auprès du quotidien régional Nord Eclair. Morceaux choisis :
A propos de sa participation au Jeu de la Chance en 1965 : "Une dame de l'émission m'a appelée pour me dire que j'avais gagné, que j'avais reçu le plus grand nombre de lettres, mais elle a ajouté qu'il fallait que je laisse ma place. C'est après que j'ai compris. M.M. (elle ne prononce pas son nom, ndlr) avait un agent, Johnny Starck, et celui-ci a fait pression. Ce mec a foutu ma vie en l'air, je n'ai pas travaillé pendant des années à cause de lui. Sitôt que j'étais dans la lumière, il faisait barrage. Il avait beaucoup de pouvoir dans le métier. Un jour, Eddy Marouani m'a invitée à une représentation. On a pris notre carton et on nous a mis au dernier rang parce que M.M. était dans la salle."
Sa vie : "Ma vie n'a été qu'une série d'emmerdements et d'embûches. Je ne connais pas le tapis rouge. Si je reçois un jour du bon, ça risque de me faire peur. Je ne m'en glorifie pas, je dis juste ce que j'ai vécu (...) Autant j'étais très passionnée quand j'avais 17 ans, autant là je n'ai plus d'illusions."
Son expulsion et l'initiative de François Mitterrand de la nommer membre au Conseil économique et social en 1989 : "Il m'a sauvé la vie. Comme la droite dirigeait à l'époque Paris, François Mitterrand m'a relogée à Créteil. Je n'oublierai jamais ce geste, d'ailleurs j'ai une photo de lui sur ma table de chevet. Mitterrand et l'Abbé Pierre, ce sont mes idoles."
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