Le monstre sacré du cinéma français, Gérard Depardieu, 60 ans, fait cette semaine la couverture du magazine Paris-Match. Dans les pages de l'hebdomadaire, la star de Cyrano de Bergerac, des Valseuses et de 36 quai des orfèvres, revient sur son enfance, son parcours et son fils Guillaume, disparu brutalement fin 2008. Extraits.
Son enfance à Châteauroux ? "Ma chambre était la pièce du coin, je dormais avec mon frère Alain. Je n'étais pas souvent à la maison. Chacun mangeait de son côté. Les repas en famille n'existaient pas, sinon à Noël. D'abord il n'y avait pas de place. Et puis je n'aimais pas ça... On était tous indépendants. Personne ne se parlait vraiment, même quand on se croisait".
Son rapport à l'éducation ? "Je ne devais pas naître. Je l'ai toujours su. D'après ma mère, j'étais comme une mauvaise herbe. Mais j'ai toujours beaucoup aimé les herbes hautes et sauvages. Je n'aime pas les jardins ordonnées mais les jardins à l'anglaise. Je me suis élevé avec mes propres peurs. Les interdits sont venus de la vie, pas de gens qui avaient peur pour moi. La première fois que je me suis baigné, je ne savais pas nager, je me suis démerdé : j'ai fait comme les chiens. Je ne me suis pas noyé..."
De quelle vie rêvait-il enfant ? "Je voulais devenir boucher. Pour manger de la viande tous les jours. Pour nourrir les autres. Je n'aime pas tuer les animaux. En revanche, j'aime l'idée de sacrifice".
La mort des proches ? "J'ai vu mourir Patrick Dewaere. Je savais qu'il n'allait pas tenir longtemps. Son chemin, c'est cela. Et mon petit Guillaume... Très fragile, trop fragile pour supporter ce qu'il voyait. Quelqu'un d'extralucide. Il se mettait parfois dans des états qui pouvaient passer pour de la colère mais il n'y avait aucune colère en lui. Les textes qu'il a laissés ne sont pas dans la colère : ils sont d'une lucidité implacable devant la petitesse des autres, y compris la mienne. Quand on est père, on est forcément à abattre. Et puis, on est forcément con devant un enfant comme lui. C'est pas grave. Mieux vaut être con qu'avoir tout le temps raison. Il n'y a que les cons qui cherchent l'amour à 100%. On n'a jamais été en conflit. Il avait ses excès, j'avais ma connerie, mais il n'y avait pas de conflit entre nous. Il n'avait plus de problème de drogue, son problème, c'était la vie".
A noter que Gérard Depardieu déborde de projets, puisqu'il va tourner Mammuth et Le Grimoire D'Arkandias, et que nous le retrouverons le 3 février 2010 au générique de L'autre Dumas, ainsi que le 2 juin 2010 dans La tête en friche.
Pour lire l'intégralité de l'interview de la star française, rendez-vous dans le nouveau Paris-Match, en kiosque aujourd'hui.
Adam Ikx
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