La soixantaine leur va diablement bien ! Elles sont peu nombreuses à pouvoir prétendre, telles Grace Jones et Chaka Khan, à figurer dans le club fermé des divas qui durent, et qui le font grâce à une énergie et un charisme enviables...
Certes, Chaka Khan, mythique interprète des tubes I'm every woman et Ain't nobody (avec le groupe star de la funk, Rufus, qui lança sa carrière), n'a pas encore atteint le cap fatidique, du haut de ses 56 ans, dont très bientôt quarante de carrière. Mais on ne doute pas de lui voir la même énergie contagieuse qu'avant-hier au festival de Montreux dans quatre ans !
Sur les rives du Léman, lors du festival suisse, elle aura peut-être croisé la légende Herbie Hancock, avec lequel (ainsi que Dizzy Gillespie) elle avait signé la chanson And The Melody Still Lingers On (Night In Tunisia), sur son album plébiscité What Cha' Gonna Do For Me, en 1981.
Fantastique chanteuse ayant exploré un grand nombre de registres (et notamment pionnière du New Jack Swing avec sa reprise du I feel for you de Prince en 1984, avec Stevie Wonder à l'harmonica), Chaka Khan a fait sensation pour le cru 2009 de Montreux, honorant les 10 Grammy Awards qui ont déjà couronné son superbe parcours - outre les deux derniers en date pour son album Funk this et le duo avec Mary J. Blige (Disrespectful) qui en est extrait, on pensera particulièrement au duo I'll be good to you avec Ray Charles et à cette fameuse reprise de Prince.
Dernièrement, alors qu'on a pu reconnaître Through the fire samplé par Kanye West pour Through the Wire, Chaka Khan s'est illustrée sur scène, à Broadway (alors qu'elle vit à Londres depuis 2006), dans la comédie musicale tirée de The Color Purple d'Alice Walker (qui avait été adaptée par Spielberg pour le film du même nom). On la retrouvera bientôt, à la rentrée, pour un concert exceptionnel où se produiront aussi les Backstreet Boys, le 25 septembre 2009, à l'occasion du Grand Prix de Formule 1 de Singapour.
Mais pour l'heure, retour à Montreux, dont le festival s'achèvera le 18 juillet. Si Chaka Khan a ravi son public, il en a été de même avec l'icône eighties excentrique Grace Jones, 61 ans, qui a littéralement ensorcelé ses adeptes au Miles Davis Hall, à l'instar d'un ambassadeur de la Tribune de Genève, qui écrit :
"Panthère noire sensuelle, créature démoniaque et grande prêtresse, la diva jamaïcaine a multiplié les rôles et costumes extravagants dans un show explosif.
Elle est juste vêtue d'un corset de velours noir et d'un body string, ses jambes galbées dans un collant résille. A 61 ans, sa silhouette sculpturale s'est adoucie mais son charisme est toujours aussi magnétique (...) Juchée sur ses talons aiguilles, l'artiste court, danse et serpente autour de sa barre de strip-teaseuse. Et, chaque retour sur scène est l'occasion de dévoiler sa panoplie de masques étincelants, de chapeaux saugrenus et de capes fluides magnifiés par des lasers multicolores.
L'exercice pourrait virer au carnaval grotesque, mais on en est loin: Grace Jones est souveraine. Elle souffle le chaud et le froid, en envoyant des baisers de ses lèvres scintillantes ou en jouant de son regard perçant sous ses paupières dorées. L'icône ressurgie de son passé eighties, telle une héroïne de BD, a livré un show flirtant avec le kitsch. Mais la performance est magistrale."
Quel talent !
G.J.
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