Ils s'appellent Samira, Karim, ou Hamidiata. Ils viennent de Sarcelles, Saint-Denis ou Colombes. Et ils ont déjeuné en compagnie de Nonce Paolini, le grand manitou de TF1, au très chic Club, le restau classe du huitième étage de la tour de TF1, avec vue royale sur la capitale.
"Il nous a vraiment traités comme de futurs employés", se sont-ils extasiés, comme le rapporte Le Parisien qui relate cette rencontre. Et pour cause : ces six garçons et deux filles sont les nouvelles recrues de la chaîne la plus regardée de France. Ils ont été choisis parmi 215 candidats et seront formés, contrat de 2 ans et 1 250 euros mensuels (brut) à la clé, à divers métiers : réalisateur, monteur, graphiste, etc.
Ces jeunes gens, jadis mitigés à l'égard de TF1, une chaîne qu'ils regardaient mais qui leur semblait inaccessible, sont le prometteur résultat de l'opération séduction enclenchée par Robert Namias avant son départ, chapeautée par la Fondation TF1. Ils auront l'occasion de faire tomber les clivages et les préjugés.
Les jeunes gens, forcément intimidés, ont été accueillis et ont fait le tour du propriétaire avec... Harry Roselmack. Une rencontre qui tombe sous le sens, et fait résonner l'enjeu de discrimination positive. "Cela compte pour moi dans la mesure où cela vient contredire tout ce qu'on a entendu au moment de mon recrutement, à savoir une opération marketing, se réjouit le charismatique présentateur du JT. C'est une action de fond, qui n'est pas dans le spectaculaire et qui confirme la volonté de ma chaîne de s'ouvrir à la diversité".
Quant à l'avenir, l'horizon d'une beurette dans le fauteuil du 20 Heures ne lui semble absolument pas lointain. "Si on m'avait dit qu'un Noir présenterait un jour le journal de la Une, j'aurais été dubitatif. En fait, au moment de ce genre de nomination, il y a toujours une certaine euphorie. Mais, au bout, de trois semaines, ça devient quasiment un fait ordinaire. La télévision est une incroyable machine à banaliser."
Laissons le mot de la fin à Hamidiata, 23 ans : "Pendant longtemps, j'ai cru que c'était pas pour moi, que c'était un monde qui ne me correspondait pas. Mais en fait, ça ne sert à rien de se mettre des barrières..."
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