Iggy Pop s'est laissé happer par la mélancolie. A la base, il ne devait écrire que quelques chansons pour les besoins d'un documentaire consacré au tournage par Michel Houellebecq du film La possibilité d'une île, adapté de son roman. Et puis, comme d'autres, le désordre affectif et humain, trop humain qu'exhale l'écriture du romancier a empreint l'Iguane.
"Quoi qu'on fasse, l'horloge tourne et c'est un thème très fort dans la littérature française, par exemple dans l'existentialisme", a-t-il fait remarquer. "Le livre de Houellebecq illustre des choses que j'avais moi-même en tête au sujet du sexe, de la mort et du genre opposé (...) Je me suis reconnu dans cette histoire de crise de la cinquantaine sur fond de science-fiction. Et il y avait des parallèles avec ma vie : j'ai moi aussi eu des chiens, des petites amies, j'ai passé du temps sur la côte espagnole et Miami, où j'habite, accueille des conventions de Raëliens !"
De toute évidence, Houellebecq s'est retrouvé sur cet album Préliminaires ouvert et clos par une reprise des Feuilles mortes et illustré par Marjane Satrapi (Persépolis). "Toute l'intrigue du roman est un préliminaire à la mort, a indiqué Iggy Pop à propos du titre de l'album. Or, à mon âge, chaque action est un préliminaire à la mort : baiser ou pas, travailler ou se distraire, courir après l'argent ou la liberté..."
Une liberté d'artiste toute relative, puisque, selon l'Iguane : "La littérature est comme la cocaïne, la musique comme l'héroïne : la première aiguise l'esprit, la seconde rend stupide."
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