Elle avait prévenu qu'elle allait disparaître de la circulation. Et, effectivement, on n'a pas beaucoup entendu parler d'Ingrid Betancourt depuis plusieurs semaines, lorsqu'elle avait annoncé sa retraite pour 2009.
Mais l'ex-otage des Farc n'a pas eu le coeur à décliner l'invitation qui lui a été faite par la ville italienne de Terni, en Ombrie. Hier, le maire Paolo Raffaelli lui remettait en effet le prix Saint-Valentin, en référence au saint patron (Valentin, moine martyr décapité en 269) de cette municipalité du centre de l'Italie, qui compte environ 100 000 habitants et s'apprête à entamer les trditionnelles festivités valentiniennes.
Chaque année, la commune et la Fondation Saint-Valentin décernent cette distinction à une personnalité qui s'est démarquée par son engagement pour l'amour et la paix entre les hommes et les peuples. C'est Ingrid tout crachée, ça.
En novembre dernier, lors de l'annonce de la lauréate (qui ajoute son nom au palmarès d'une distinction attribuée par le passé à Kerry Kennedy, Mikhail Gorbachev, David Grossman ou encore Ibrahim Faltas), le maire s'était félicité de la présence de la Franco-Colombienne pour recevoir son prix : "Pour venir à Terni, elle a même modifié son agenda d'invitations, riche de 1 200 demandes de présence", s'était-il réjoui.
Hier 25 janvier, au moment d'épingler la dame à l'honneur (toujours sans son époux) dans la salle du Conseil du palais Spada, nouvel éloge de la part du maire (le contraire nous eut surpris) : "Ingrid Betancourt, a-t-il tenu à souligner, se tient sur la ligne de fraternité et de paix qui a toujours guidé les idéaux valentiniens. Puissions-nous faire nôtre la motivation qui a valu à cette personnalité de notre époque de recevoir le prix Prince des Asturies pour la paix : Ingrid Betancourt représente tous ceux qui, dans le monde, sont privés de liberté, de par son implication dans la défense des droits de l'homme, la lutte contre la violence terroriste, la corruption et le trafic de drogue."
Vraiment rien à voir, donc, avec la déviance romantique de la fête catholique d'origine... Là encore, le contraire nous aurait étonnés.
G.J.
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