Comme prévu, Ingrid Betancourt a bouclé sa campagne mondiale de recrutement d'une "ligue de justiciers" décidés à en découdre avec le terrorisme international et à venir en aide aux familles des victimes de ses exactions.
L'ex-otage franco-colombienne a remis le pied en terre parisienne, sans son mari, mais n'est pas rentrée bredouille : de l'avion qui s'est posé ce matin, à 11h11, à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, est également decendu Wilson Bueno, dit Isaza, repenti des Farc.
Concernant son époux Juan Carlos Lecompte, qu'elle n'a pas même pu croiser lors de son passage à Bogota, et qui ne l'a pas accompagnée pour son retour en France, elle a levé le mystère en répondant aux questions de Christine Ockrent, laquelle l'a interviewée pour Paris-Match (à paraître demain) : "Je n'ai passé que quelques heures [à Bogota]. Son père est à l'hôpital, gravement malade, on n'a pas réussi à se voir."
Voilà donc pourquoi elle n'a ramené à Paris "que" Wilson Bueno. Cet ancien membre des troupes révolutionnaires responsables de la détention d'Ingrid Betancourt et de nombre d'autres otages avaient déserté les rangs de la rébellion marxiste, emmenant dans sa fuite l'ancien parlementaire Oscar Tulio Lizcano.
Le président de la République de Colombie, Alvaro Uribe, avait assuré Ingrid Betancourt qu'Isaza serait présent à Bogota lundi, à son arrivée dans la capitale colombienne. Un engagement qu'il a honoré.
Le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, avait réaffirmé hier que la France était prête à accueillir au cas par cas des guérilleros repentis. Reste à déterminer sous quel statut administratif cet accueil pourra se faire — sans doute un droit de séjour.
En espérant que de tels accords permettent d'avancer rapidement dans la lutte contre le terrorisme international.
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