C'était à prévoir : l'agenda trépidant d'Ingrid Betancourt depuis sa libération par les Farc commence à avoir raison de sa santé encore précaire, après avoir enduré six années de mauvais traitements durant sa captivité. Après son arrivée à Villacoublay, la réception à l'Elysée, le déjeuner avec Dominique de Villepin, son discours au Sénat et son rendez-vous avec Jacques Chirac, elle a fait, avec des centaines interviews, TOUT ce qui était humainement possible.
Ce matin, l'ex-otage franco-colombienne confiait au micro d'Europe 1 son état d'extrême épuisement, et faisait savoir qu'elle allait se mettre "un peu en retrait" : "Je crois que je suis vraiment au bout du rouleau, a-t-elle déclaré. Je suis vraiment fatiguée. Je crois que ça va être ma dernière interview, il faut vraiment que j'arrête, je le sens. Maintenant j'ai besoin de temps et je vais le prendre", posait-elle d'une voix lasse.
Elle ignore d'ailleurs si elle répondra bien à l'invitation du président Nicolas Sarkozy pour le défilé du 14 juillet. En revanche, elle a la ferme intention de rencontrer dimanche Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU, invité d'honneur du défilé de la fête nationale : "C'est très important, explique-t-elle, il faut essayer de réfléchir tous ensemble comment continuer le combat".
C'est justement pour ce combat qu'Ingrid Betancourt doit se reposer et rassembler ses forces, d'autant qu'elle sait qu'il lui faudra prochainement évoquer ses conditions de détention et les mauvais traitements qu'elle a subis : "Je sais qu'il faudra que j'en parle, confie-t-elle. Mes enfants et ma maman ne connaissent absolument rien des conditions de ma détention, et ce n'est pas parce que je n'ai pas envie de le dire, c'est parce que je n'arrive pas physiquement à le sortir de moi."
Une sage décision qui s'imposait, donc.
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