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Ingrid Betancourt, un terrifiant portrait par son ex-mari : "C'est le jour où, officiellement, j'ai cessé de l'aimer..."

"La face cachée d'Ingrid Betancourt" : le titre choisi par le newsmagazine L'Express pour révéler certaines feuilles saisissantes de l'ouvrage à charge de l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lecompte, a des allures de secret éventé.

Pourtant, après les témoignages littéraires accablants de son ex-amie et alliée Clara Rojas (dans Captive), de trois de ses compagnons de détention américains dans la jungle colombienne (dans Otages/Out of captivity), ou encore de Noël Saez, émissaire français détaché auprès des guerilleros des Farc (dans L'Emissaire), les facettes sombres de l'ancienne sénatrice franco-colombienne semblaient avoir été totalement exposées sous un jour implacable. De toute évidence, non.

En attendant qu'Ingrid livre sa version (elle s'est globalement retirée de la vie médiatique pour rédiger ses mémoires et intervient sur le biopic qui lui sera consacré), l'actualité clasho-littéraire du feuilleton Bétancourt était encore soumise à la parution de Ingrid et moi, une liberté douce-amère, livre-témoignage attendu comme un énième règlement de comptes, mais que son auteur repositionne en déclarant : "J'écris pour tourner la page". Trois ans après son cri du coeur publié sous le titre Au nom d'Ingrid, alors qu'il consacrait toutes ses forces à oeuvrer pour la libération de son épouse, Juan Carlos Lecompte publiera le 21 janvier 2010 aux éditions Alphée - Jean-Paul Bertrand cet ouvrage dont nous vous avions proposé l'édifiante quatrième de couverture : partant de l'humiliation publique subie ce 2 juillet 2008, lorsque, descendant d'avion suite à sa libération, Ingrid snoba son époux devant les médias du monde entier, l'auteur détaille un portrait terrible - "Je ne reconnais plus ma femme".

Dévoilant ces extraits éloquents, L'Express indique qu'Ingrid Betancourt partage discrètement son temps entre les Seychelles (où elle a déjà vécu), New York (où sa fille étudie), et Paris, mais aussi et surtout que le divorce du couple a été prononcé il y a un peu moins d'un an.

Avant de connaître l'intégralité de ce témoignage, Juan Carlos Lecompte dévoile des chapitres significatifs : "Sur le tarmac", "Dieu", "La première preuve de vie", "Ingrid et sa mère", "L'argent", "Le Divorce", "Ingrid et les autres otages".

"En descendant de l'avion, Ingrid m'a rassuré comme on calme un gentil chien trop empressé. Elle m'a tapoté la joue, et moi je l'ai pris comme une claque. En m'efforçant de n'en tirer aucune conclusion. Après tout, ma psy m'avait prévenu: "Quand Ingrid sera libérée, sa réaction pourra te surprendre..."

"Visiblement elle s'est barricadée peu à peu dans la religion pour tenir pendant ses six ans de captivité. Elle semblait maintenant vraiment habitée par sa foi. Elle a notamment tenu à nous raconter, assez longuement, qu'elle avait vu la Vierge dans un rêve, deux semaines avant sa libération. Cette apparition l'aurait avertie qu'il allait lui arriver quelque chose de "grand", d'"aussi énorme qu'une libération"... On n'a pas osé l'interrompre. Elle nous a assuré que la Vierge l'avait regardée dans les yeux. Elle était en transe, au bord des larmes. Yolanda, plus croyante que moi, s'est mise à pleurer. Je ne savais pas quoi dire."

"Ingrid et Yolanda ont toujours nourri une relation assez fusionnelle, ce qui n'a pas toujours été facile pour moi. Tant qu'Ingrid était là, on se supportait. Mais quand elle a été enlevée, on s'est vite heurtés. Yolanda ne m'écoutait jamais. Elle se barricadait dans ses certitudes. Elle ne supportait pas la moindre remarque, même sur des choses aussi anodines que son "look", par exemple. Je trouvais ma belle-mère beaucoup trop "bling bling" quand elle passait à la télé. Avec ses lunettes griffées, ses grosses boucles d'oreilles et ses bijoux, j'avais fini par la surnommer "Sophia Loren"... Elle détonnait vraiment à côté des autres familles d'otages."

"Quand j'y repense, nous avons beaucoup, même essentiellement, parlé de choses matérielles pendant ce mois de juillet. Ingrid était en boucle sur l'argent (...) Pour vivre à Paris et emmener Mélanie et Lorenzo en vacances, Ingrid me réclamait 50 000 dollars. J'ignorais alors qu'elle vivait aux frais de la République française à Paris (et qu'elle serait finalement invitée sur place par le président des Seychelles). Je lui ai proposé de lui transférer 30 000 dollars immédiatement, soit le montant du "prix Rome pour la paix et l'action humanitaire" que j'avais reçu en son nom et que j'avais mis de côté en attendant son retour. Pour elle, ce n'était pas assez. J'étais un peu surpris. Je lui ai dit que je ne pouvais lui envoyer que 10 000 dollars supplémentaires. Et encore, en vidant mon compte. Elle les a pris. Je n'ai pas bronché (...) Ingrid n'a pas été très sensible au geste. Elle a encaissé le chèque en jugeant la somme encore nettement insuffisante. Elle m'a même demandé de m'endetter. "Si tu n'as plus d'argent, tu n'as qu'à t'en faire prêter, disait-elle sèchement. Demande à tes amis !"

"Les choses se sont gâtées à partir du 1er janvier 2009, quand elle a commencé à me harceler pour que l'on divorce à l'amiable (...) J'ai dit à Ingrid: "S'il te plaît, patiente juste un peu que mon père s'en aille et après, promis, je te signe tous les papiers que tu veux." Je pensais qu'elle montrerait un peu de compassion. Je croyais qu'elle avait une certaine tendresse pour lui. Ils s'étaient déjà vus plusieurs fois. Mon père, en tout cas, aimait beaucoup Ingrid. Il lui avait même écrit un poème bouleversant, en 2005, pendant sa captivité. Mais il en fallait apparemment plus pour l'émouvoir. Ingrid a refusé d'attendre. C'était comme un caprice. Plus rien n'avait d'importance, même pas la mort de mon père. Elle a dépêché un avocat le lendemain, le 11 janvier, à l'hôpital. C'est le jour où, officiellement, j'ai cessé de l'aimer. Je ne reconnaissais plus ma femme."

Découvrez l'ensemble des extraits proposés par le magazine L'Express en cliquant ici.

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