Lorsque nous vous présentions récemment La Journée de la Jupe, film de Jean-Paul Lilienfeld qui, en dépit de son titre aux allures d'opération commerciale, n'est rien moins qu'un tableau alarmiste de notre système scolaire, nous vous donnions rendez-vous pour la première diffusion et le retour d'Isabelle Adjani à l'écran.
Car cette réalisation "trash" dont la comédienne tient la vedette (et pour laquelle elle s'est livrée sans langue de bois) s'essayait au petit écran avant de connaître le grand, puisque Arte la proposait hier soir à ses téléspectateurs. Un pari gagnant : 2 245 000 spectateurs ont plébiscité cette initiative, soit 9,6% de part d'audience, record de l'année et score historique pour la chaîne franco-allemande - qui lui a notamment permis de mettre France 2 à l'amende !
Mais si le public a fait honneur à cette programmation, l'accueil du septième art a été bien moins chaleureux. Hier après-midi, soit quelques heures avant cette diffusion liminaire, le site Ozap.com indiquait que le film faisait d'ores et déjà l'objet d'un boycott de la part des cinémas : une cinquantaine de salles seulement le projettera à sa sortie ! Motif invoqué (on s'en serait douté), la défloration télévisuelle de cette oeuvre...
"On a essayé de monter cette histoire au cinéma (...) mais on nous disait non, trop sensible, trop touchy, se souvient Jean-Paul Lilienfeld. On a alors essayé la télé, Arte nous a dit oui en moins d'une semaine." L'essai transformé n'aura donc pas suffi à faire revenir sur leur décision les responsables de cinémas : "On tente une cinquantaine de copies, avance le cinéaste. On se heurte au boycott de 5 000 écrans sur les 5 300 en France qui ne veulent pas présenter de films diffusés à la télé. Je me vois opposer une position de principe de la part du syndicat des exploitants qui dit que les tuyaux sont encombrés par un nombre record de sorties que l'on n'arrive pas à travailler".
Dans notre précédent article, on attendait de connaître les bonnes élèves, parmi les salles obscures, qui le programmeraient ce 25 mars. Finalement, c'est un bonnet d'âne collectif qu'on va devoir décerner. D'ici-là, vous pouvez encore voir ou revoir La Journée de la Jupe sur le site d'Arte, via son service Arte +7. Au moins, le film, lui, en retirera quelques bons points.
G.J.
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