C'est un débat immémorial et vraisemblablement insoluble qui agite les littérateurs : on écrit toujours après les autres (sous-entendu : écrivains), et donc au regard d'un héritage littéraire irrévocable.
Comme en musique, où les affaires de plagiat sont délicates à élucider, l'univers romanesque prête place aux ressemblances, et la romancière J.K. Rowling, récemment décorée par le président Sarkozy et auréolée d'un nouveau succès littéraire, comme on pouvait presque s'y attendre en ces temps où prévalent les droits d'auteurs, prête le flanc : Harry Potter est attaqué pour plagiat !
On imagine combien (c'est le mot !) il peut être tentant de contester la maternité du jeune sorcier de Poudlard, et le site littéraire du Nouvel Observateur (http://bibliobs.nouvelobs.com) indique qu'une plainte vient d'être déposée à l'encontre de la saga dont la dernière adaptation cinématographique en date paraîtra bientôt.
Dix ans après sa parution, c'est le tome Harry Potter et la Coupe de feu qui se trouvent pris d'assaut par les descendants d'un certain Adrian Jacobs, qui voient dans l'oeuvre de J.K. Rowling des similitudes troublantes avec les Adventures of Willy the Wizard de leur défunt aïeul : les deux héros sorciers, Willy et Harry ont notamment en commun de se rendre à l'école en train, et d'être à un moment donné au coeur d'une scène se tenant dans une salle de bain et au cours de laquelle des indices décisifs pour la suite de leurs aventures leur sont révélés. Dernier point de convergence : Jacobs, qui serait mort "sans le sou" dans un hospice de Londres en 1997 selon les plaignants, avait tenté de s'attacher les services de Christopher Little, agent littéraire qui est actuellement celui de... J.K. Rowling.
Au regard de ces éléments, les ayants droit de Jacobs demandent le retrait de la vente de l'ouvrage (mouais, pas franchement plausible) ou... une compensation financière proportionnelle aux ventes (ah oui, d'accord...). Il s'agit en réalité de la deuxième plainte déposée par les descendants de Jacobs : en 2004, leurs avocats n'avaient "pu identifier le moindre passage des Harry Potter censé être une copie de 'Willy the Wizard'".
Du côté de Bloomsbury Publishing Plc, l'éditeur de la saga, on réfute "vigoureusement" ces allégations : J.K. Rowling, affirme-t-il, "n'avait jamais entendu parler d'Adrian Jacobs ni vu, lu ou entendu parler de son livre 'Willy the Wizard' avant que cette accusation ne soit proférée pour la première fois en 2004, près de sept ans après la publication très médiatisée du premier roman de la série des Harry Potter. 'Willy the Wizard' est un récit très court de 36 pages qui a été diffusé de façon très limitée. Le personnage central de Willy l'Enchanteur n'est pas un jeune sorcier, et le récit ne tourne pas autour d'une école de sorciers".
Un vrai duel de sorciers du barreau. C'est ça, la magie... du business !
G.J.
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