En réalisant Un prophète, son cinquième long métrage, Jacques Audiard a séduit le public, les critiques et le jury lors du 62e Festival de Cannes. Ce cinéaste, fils du dialoguiste de génie Michel Audiard, livre des films noirs, personnels et diablement intenses. A l'occasion de la promotion de son dernier bijou, qui paraîtra en salles le 26 août, il revient, dans un entretien accordé à Version Femina, sur son film, nous délivre ses impressions sur la profession et même une surprenante (mais malheureuse) mésaventure. Extraits.
La genèse de ce film sur l'univers carcéral : "La mairie de Paris m'avait demandé de présenté De battre mon coeur s'est arrêté au ciné-club de la Santé. Sur place, le choc a été tel qu'il a conforté mon envie naissante de réaliser Un prophète."
Le statut d'immense réalisateur : "Je ne vois pas à quelle réalité cela correspond. Une chose est sûre, ce que fait apparaître le comédien lors du tournage d'une scène est un tour de magie dont je ne me lasse pas."
Une filmographie faite de cinq films majeurs dans le cinéma français mais un début en tant que cinéaste à seulement 40 ans : "Dans ma brouette des regrets, il y a celui de ne pas avoir commencé plus tôt."
Cannes, les films, toute cette pression mais aussi les ovations : "Les gens qui vous regardent en vous applaudissant, c'est un drôle de truc. Je me suis dit que seules les rockstars vivaient ça !" Le Grand Prix du jury l'a réconforté et touché mais des circonstances particulières entouraient cette récompense : "Je me suis fait voler tous mes César. Et comme le cambriolage a eu lieu lors de la sélection cannoise d'Un prophète, j'ai pris cette tuile comme une remise à zéro." Pour une tuile, c'est une belle tuile puisqu'Audiard a reçu le César de la meilleure première oeuvre (Regarde les hommes tomber), du meilleur scénario à deux reprises (Sur mes lèvres et De battre mon coeur s'est arrêté) et du meilleur film, réalisateur et adaptation (De battre mon coeur s'est arrêté) !
Passionné par le septième art, il est aussi un cinéaste qui n'aime pas les fioritures du métier : "Quand je vois certains acteurs jouer les mannequins pour des marques de luxe... Je trouve qu'ils perdent leur mystère et je n'ai même plus envie de travailler avec eux." Les artifices et les paillettes de la gloire, très peu pour lui, il n'est pas du genre à cumuler les soirées à la différence de son père : "Il travaillait beaucoup, faisait la fête, avait plusieurs vies. Si je vivais un mois de son existence, je mettrais un an à m'en remettre."
Et ses enfants à lui, suivront-ils la même voie cinématographique ? "Pour le moment, mes enfants n'ont pas manifesté cette envie." C'est sûr que passer après Michel et Jacques place la barre haut... mais rien n'est dit !
SY
La genèse de ce film sur l'univers carcéral : "La mairie de Paris m'avait demandé de présenté De battre mon coeur s'est arrêté au ciné-club de la Santé. Sur place, le choc a été tel qu'il a conforté mon envie naissante de réaliser Un prophète."
Le statut d'immense réalisateur : "Je ne vois pas à quelle réalité cela correspond. Une chose est sûre, ce que fait apparaître le comédien lors du tournage d'une scène est un tour de magie dont je ne me lasse pas."
Une filmographie faite de cinq films majeurs dans le cinéma français mais un début en tant que cinéaste à seulement 40 ans : "Dans ma brouette des regrets, il y a celui de ne pas avoir commencé plus tôt."
Cannes, les films, toute cette pression mais aussi les ovations : "Les gens qui vous regardent en vous applaudissant, c'est un drôle de truc. Je me suis dit que seules les rockstars vivaient ça !" Le Grand Prix du jury l'a réconforté et touché mais des circonstances particulières entouraient cette récompense : "Je me suis fait voler tous mes César. Et comme le cambriolage a eu lieu lors de la sélection cannoise d'Un prophète, j'ai pris cette tuile comme une remise à zéro." Pour une tuile, c'est une belle tuile puisqu'Audiard a reçu le César de la meilleure première oeuvre (Regarde les hommes tomber), du meilleur scénario à deux reprises (Sur mes lèvres et De battre mon coeur s'est arrêté) et du meilleur film, réalisateur et adaptation (De battre mon coeur s'est arrêté) !
Passionné par le septième art, il est aussi un cinéaste qui n'aime pas les fioritures du métier : "Quand je vois certains acteurs jouer les mannequins pour des marques de luxe... Je trouve qu'ils perdent leur mystère et je n'ai même plus envie de travailler avec eux." Les artifices et les paillettes de la gloire, très peu pour lui, il n'est pas du genre à cumuler les soirées à la différence de son père : "Il travaillait beaucoup, faisait la fête, avait plusieurs vies. Si je vivais un mois de son existence, je mettrais un an à m'en remettre."
Et ses enfants à lui, suivront-ils la même voie cinématographique ? "Pour le moment, mes enfants n'ont pas manifesté cette envie." C'est sûr que passer après Michel et Jacques place la barre haut... mais rien n'est dit !
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