Nous poursuivons cette semaine notre bonne habitude hebdomadaire, en vous proposant à nouveau notre sélection des films à découvrir en salles aujourd'hui !
Pour les sorties du 25 mars, beaucoup de films intéressants sont proposés aux spectateurs, notamment La journée de la Jupe (voir la bande-annonce), qui signe le grand retour d'Isabelle Adjani, ainsi que La première étoile, vainqueur du Festival de l'Alpe d'Huez. Mais comme nous vous avons déjà beaucoup parlé de ces deux films précédemment, notre choix s'est arrêté sur trois autres longs métrages : une comédie canine délirante, une aventure policière romantique, et le grand retour de John Woo au premier plan ! C'est parti !
Le Chihuahua de Beverly Hills, de Raja Gosnell, avec les voix de Jamel Debbouze, Fabrice Eboué et Thomas Ngijol.
Chloé, une petite chienne Chihuahua de Beverly Hills toute pomponnée et trop minouche se perd accidentellement dans les rues de Mexico. Pas le moindre spa, pas la moindre boutique de luxe à l'horizon, c'est le drame... Seule pour la première fois de sa vie de petite chienne gâtée, Chloé va heureusement trouver des amis inattendus pour l'aider : un berger allemand qui a grandi dans la rue, Delgado, et un chiot énamouré, Papi. Tous deux lui tendront une papatte secourable pour l'aider à découvrir en elle-même la force de retrouver sa jolie maison.
Faire parler des animaux au cinéma n'est pas une idée nouvelle. Nous nous rappellerons avec joie et un sourire au coin des lèvres de l'adorable petit cochon, "Babe", qui nous avait charmés et émus en 1996, au point que nous ne voulions plus manger de jambon ni de saucisson. Même si depuis, on s'est largement rattrapés - notre tour de taille nous le rappelle tous les jours -, le concept a fait ses preuves mais nous permet tout de même de passer une heure et demi agréable, dépaysante et amusante, d'autant que les voix des animaux sont tenues ici par toute la bande du "Jamel Comedy Club", et que visiblement, ils ont pris autant de plaisir à les camper, que nous à les écouter déblaterrer. En plus, le tout est emballé par Raja Gosnell, un habitué du concept à qui l'on doit déjà l'adaptation de "Scooby-Doo" !
Duplicity, de Tony Gilroy, avec Julia Roberts, Clive Owen et Tom Wilkinson.
Dans ce nouveau long métrage signé Tony Gilroy (scénariste de la saga Jason Bourne et réalisateur de Michael Clayton), la belle Julia incarne Claire Stenwick, un officier de la CIA, alors que Clive Owen entre dans la peau de Ray Koval, un agent des services secrets britanniques. Ces deux-là ont quitté leurs fonctions gouvernementales respectives pour le monde bien plus lucratif des affaires, où une véritable guerre froide sévit entre deux multinationales. Leur mission ? Obtenir le premier la formule d'un produit qui rapportera une fortune à son entreprise mère. Pour leurs employeurs respectifs - Howard Tully et Dick Garsik - rien n'est hors limite. A mesure que les enjeux s'élèvent, que le mystère s'épaissit et que les coups deviennent de plus en plus sournois, le secret le plus complexe à élucider s'avère être l'attraction grandissante et quasi animale que Claire et Ray ressentent l'un pour l'autre. Alors qu'ils essaient de toujours garder une longueur d'avance, ces deux carrièristes solitaires trouvent leurs plans compromis par la seule donnée qu'ils ne parviennent pas à contrôler : l'amour.
Quelle déception que cette petite comédie policière et romantique sans intérêt qui annonçait le grand retour de Julia Roberts. Pourtant, tous les ingrédients étaient bien présents pour nous embarquer : un cinéaste talentueux, un couple glamour et séduisant, et une histoire qui avait tout pour nous faire grimper au rideau. Au final, malgré le tour du monde promotionnel qu'a effectué Julia pour apporter une visibilité au long métrage, "Duplicity" est un flop au box-office américain. Dans le genre comédie policière sexy, enlevée et amusante, on préférera mille fois se refaire le DVD de "Hors d'atteinte", de Steven Soderbergh, avec George Clooney et Jennifer Lopez, qui est visiblement le modèle qu'a voulu suivre Gilroy, mais sans lui arriver à la cheville. Dommage. Julia grille ses dernières cartouches...
Les 3 Royaumes, de John Woo, avec Tony Leung Chiu Wai, Takeshi Kaneshiro et Zhang Fengyi.
En 208 après J.-C., l'empereur Han Xiandi règne sur la Chine pourtant divisée en trois royaumes rivaux. L'ambitieux Premier ministre Cao Cao rêve de s'installer sur le trône d'un empire unifié, et se sert de Han Xiandi pour mener une guerre sans merci contre Shu, le royaume du sud-ouest dirigé par l'oncle de l'empereur, Liu Bei. Ce dernier dépêche Zhuge Liang, son conseiller militaire, comme émissaire au royaume de Wu, Zhuge Liang rencontre le vice-roi Zhou Yu. Très vite, les deux hommes deviennent amis et concluent un pacte d'alliance. Furieux d'apprendre que les deux royaumes se sont alliés, Cao Cao envoie une force de 800 000 soldats et 2 000 bateaux pour les écraser. L'armée campe dans la Forêt du Corbeau, de l'autre côté du fleuve Yangtze qui borde la Falaise Rouge où sont installés les alliés. face à l'écrasante supériorité logistique de Cao Cao, le combat semble joué d'avance, mais Zhou Yu et Zhuge Liang ne sont pas décidés à se laisser faire... Dans un déluge de puissance et de génie tactique, la bataille de la Falaise Rouge va rester comme le plus célèbre de l'Histoire et changer le destin de la Chine pour toujours.
Avec une seule réussite artistique aux Etats-Unis - mais quelle réussite : le génial "Volte/Face", en 1997 -, entourée de sombres daubes comme "Chasse à l'homme", "Broken Arrow", "Windtalkers" ou "Paycheck", on s'était dit que l'immense John Woo avait vendu son âme au Diable pour venir travailler à Hollywood, et que jamais nous ne retrouverions le formidable cinéaste qui nous avait offert des polars aussi cultes que "The Killer", "Une balle dans la tête", et surtout, "A tout épreuve". Et nous avions raison. Le salut de John Woo est donc venu par son retour au pays, où il est allé tourner cette immense fresque épique, qui nous rappelle à quel point Woo est l'un des plus talentueux cinéastes en activité. Au final, deux heures trente de bonheur absolu, des images qui nous hantent longtemps après la projection, et deux comédiens au sommet de leur art : Tony Leung Chiu Wai ("A toute épreuve", "Happy Together", "In the mood for love") et Takeshi Kaneshiro ("Chungking Express", "Les Anges Déchus"). Un film en état de grâce, qui en fait tout simplement le film de la semaine. Du mois. De l'année.
Bonnes toiles !
Adam Ikx
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