Sur plus de quarante personnes impliquées dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola durant la guerre civile sans autorisation du gouvernement français,- le système de défense des accusés, depuis le début de cette affaire, est que les protagonistes n'avaient pas besoin de cette autorisation... ce qu'Hervé Morin, notre actuel ministre de la Défense, a écrit d'ailleurs dans une lettre présentée au tribunal - le tribunal correctionnel de Paris a jugé les hommes les plus importants de ce présumé trafic mouillant (ou pas) des personnalités dans les plus hautes sphères de l'Etat.
Surnommé "Angolagate" par certains médias, voici désormais les peines que les hommes les plus influents de ce dossier ont écopées le 27 octobre. Jean-Christophe Mitterrand, fils du défunt président est condamné à deux ans de prison avec sursis et 375 000 euros d'amende pour recel d'abus de biens sociaux. A l'époque des événements, le fils de l'ancien dirigeant de l'Etat français était chef de la cellule Afrique de l'Élysée. Selon Le Point, "il était accusé d'avoir mis des vendeurs d'armes en contact avec le régime angolais en 1993 et d'avoir reçu en récompense de ses services 2,6 millions de dollars des trafiquants. Il est en revanche relaxé des accusations de trafic d'armes." Il a été détenu plusieurs semaines dans cette affaire et une caution de 770 000 euros (5 millions de francs de l'époque) avait été versée pour sa libération, une caution que sa mère avait versé qualifiant la somme de "Rançon" !
Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur et actuellement sénateur UMP, n'a pas assisté à l'audience mais on lui a porté la nouvelle : il écope d'une peine d'un an de prison ferme et de deux ans avec sursis ainsi que 100 000 euros d'amende pour trafic d'influence. Son avocat a d'ores et déjà annoncé qu'il ferait appel de cette décision.
Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, hommes d'affaires international et considérés comme les pilotes des opérations, sont condamnés à six ans de prison ferme pour commerce d'armes et trafic d'influence, en ce qui concerne les deux hommes, mais d'abus de biens sociaux pour Falcone et de blanchiment pour Gaydamak. Ils ont fait appel. Arcadi Gaydamak n'était pas présent à l'audience, mais Pierre Falcone, oui... il a été arrêté à la barre et conduit en prison.
L'écrivain Paul-Loup Sulitzer est lui condamné à 15 mois de prison avec sursis et 100 000 euros d'amende pour recel d'abus de biens sociaux. Dans Le Point, il est précisé qu'il était "soupçonné d'avoir perçu 380 000 euros pour user de son influence dans le monde des médias, lui qui a tant écrit de best-sellers, pour redorer l'image de deux associés Falcone et Gaydamak".
Quant au consultant en économie Jacques Attali qui a travaillé pour les dirigeants François Mitterrand puis Nicolas Sarkozy, il a été relaxé des chefs de trafic d'influence et de recel d'abus de biens sociaux.
Cette affaire bien trouble ferait un excellent polar politique, comme l'affaire Elf a pu inspirer Claude Chabrol dans L'Ivresse du pouvoir ou encore celle de Clearstream devenue pour le grand écran Streamfield (en salles à la fin de l'année). Des scénaristes doivent certainement se pencher dessus. On peut dès lors imaginer le casting parfait...
SY
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