Il y a quelques jours, alors qu'il recevait, ému et transcendé par le bel hommage qui lui a été rendu, une Victoire de la Musique d'honneur pour l'ensemble de son oeuvre, Jean-Loup Dabadie, 70 ans, tenait à signaler qu'il n'entrait pas seul au panthéon des grands auteurs, mais accompagné de ses chansons et de ceux qui leur ont donné vie en les interprétant. Il en profitait d'ailleurs pour remobiliser et galvaniser les troupes qui, comme lui, sont engagées dans l'amour des belles lettres et dans la lutte pour une langue française vivace et poétique.
Aujourd'hui, il a réitéré ses engagements à l'occasion de son entrée officielle à l'Académie : "Je n'entre pas tout seul sous la Coupole, a-t-il fait remarquer, mais avec tous mes personnages, ceux qui les ont interprétés et toutes ces personnes qui m'écrivent et qui viennent me parler".
Julien Clerc, son ami, son frère (selon les propos mêmes du chanteur), était présent à ses côtés pour la cérémonie de réception - tout comme le 6 mars, lors de son intronisation - à laquelle ont assisté nombre de célébrités, parmi lesquelles Philippe Bouvard, Michel Drucker, Patrick Poivre d'Arvor, Philippe Labro ou encore Guy Bedos. Ce dernier, qui connaît le nouvel Immortel depuis le début des années 1960, lorsqu'il lui fit parvenir deux sketches de son cru, a salué avec son tact naturel l'entrée de son ami sous la Coupole : "Il m'épate ce con (...). Il a la politesse de ne pas être ennuyeux, il fait du léger même avec du sérieux mais il y a beaucoup de travail derrière. Il a une sorte de grâce".
Une grâce céleste, si l'on en juge d'après les propos exaltés et exaltants tenus par Jean-Loup Dabadie, dans son nouvel habit vert : "C'est si compliqué d'être simple", a-t-il expliqué "sous la Coupole fabuleuse, ce ciel espéré, ce ciel rêvé d'où pendant quatre siècles sont tombées tant d'étoiles", après avoir fait un long éloge de son prédécesseur, l'écrivain Pierre Moinot.
Bienvenue dans l'éternité, monsieur Dabadie.
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