C'est la polémique du jour : le journaliste Jean-Luc Delarue, 45 ans, est au coeur d'un scandale médiatique... provoqué par le quotidien Le Parisien. On le pensait actuellement dans l'oeil du cyclone avec une accalmie de ses frasques, il n'en est potentiellement rien : le Parisien du dimanche 13 septembre 2009 dépeint un quadragénaire sans limite, roi de la démesure, égocentrique consternant, patron tyrannique, fêtard sans vergogne dont l'empire audiovisuel s'effondre peu à peu. Un virulent réquisitoire qui n'a pas laissé le principal concerné de marbre : Jean-Luc Delarue a répondu à ces attaques dans le 6/9 de la station de radio NRJ, ce matin. Interviewé par Nikos Aliagas et ses compères Mustapha et Florian Gazan, l'ancien gendre idéal de la ménagère a réétabli la vérité... et entend bien ne plus laisser une polémique ronger son image. Retour sur le scandale de la semaine.
Delarue : l'animateur-producteur sur le banc des accusés
La récente conférence de presse de France 2 a mis en exergue une absence remarquable : celle de Jean-Luc Delarue (qui s'est enfui devant les journalistes à la fin du rendez-vous de la rentrée). Animateur-producteur prolifique depuis 1994, année de son arrivée sur France 2, Delarue a longtemps été incontournable du petit écran : Ça se discute, Toute une histoire, Maison à Vendre (avec Stéphane Plaza sur M6), C'est Mon Choix (sur France 3)... sa société Réservoir Prod a une place maîtresse dans le PAF. Pourtant, cette année avec notamment la suppression de Ça se discute, le rôle de Delarue est remis en question : est-ce la fin de son empire ? Pour Le Parisien, cette érosion de l'image publique de JLD n'est que la partie visible de l'iceberg : outre la grille de programmes allégée, le rôle de Delarue en tant que chef d'entreprise est attaqué.
Le quotidien fait état d'un environnement anxiogène pour les salariés : plan social, licenciements ("Quand ça ne va pas, Jean-Luc ne sait pas comment réagir, alors il vire" raconte un ami. Un ami vraiment ?), procédures prud'hommales (comme l'affaire qui l'oppose Marie-Corinne Morin, ancienne DG de Réservoir Prod qui l'accuse de harcèlement moral et de licenciement sans cause réelle ni sérieuse), problèmes managerial ("Jean-Luc a toujours eu du mal à déléguer et ça l'a perdu. Et il n'a pas su vendre. Il a eu de nombreuses propositions à des prix défiant toute concurrence, mais il a peur qu'on prenne le contrôle de son bébé"), manque de considération pour les forces vives de la société, lassitude dans la façon de travailler... La société qui avait permis de faire éclore des talents de l'animation - c'est lui qui les a découverts - comme Evelyne Thomas ou Flavie Flament, phénomènes en leur temps, n'est plus en capacité de produire et proposer du contenu novateur... Conséquence : réduction du nombre de salariés (passant de 250 en 2003 à, à peine, 100 aujourd'hui) et forte décroissance des contrats en durée indéterminée, au profit des CDD. Si sa capacité et son potentiel de travail sont reconnus, sa façon de l'exploiter semble être pointée du doigt par tous.
D'après le Parisien, les salariés qui travaillent pour JLD sont dans une nébuleuse inquiétude qui grandit à mesure que l'image de leur boss s'écorne : " Notre activité est aussi liée à son image et elle n'est plus ce qu'elle était".
Dr Jean-Luc et Mister Delarue : la dualité dérangeante d'un homme excessif
Le journal se plaît à mettre en exergue la dualité exaltante du personnage complexe qu'est Delarue : genre idéal charmant et propre sur lui, il cache une facette moins reluisante de sa personnalité. Une facette qu'il semble dissimuler avec de plus en plus de difficultés : entre ses frasque aériennes en février 2007 et allusions lubriques à l'égard de Yamina Benguigui (voir news), Delarue ne fait pas dans la finesse. Récemment encore, Delarue avait provoqué le courroux de deux de ses invités sur le plateau de Toute une histoire. Les victimes ? Geneviève de Fontenay et Alessandra Sublet. Son incontestable intelligence et son professionnalisme semblent s'être fourvoyés dans une mélasse de démesure et d'excentricité dans laquelle se mêlent jolies filles, alcool et fêtes pléthoriques. Vraie perdition de l'homme ou interprétation des journalistes ? La question est de mise car même son adoration de l'art pictural et sculptural est sujet à critique : il possède chez lui un tableau représentant " un Père Noël avec un godemiché géant", une toile avec "un énorme ours qui urine de la peinture blanche dans un seau" et "récemment, un sexe en érection en acier brossé trônait sur la commode de sa chambre".
Cet homme cultivé, dans l'excès permanent, qui s'est fermé à toute communication, ne souhaite pas communiquer avec la presse : le journal relate ainsi qu'il a refusé une interview en date du vendredi dernier pour "d'importantes raisons professionnelles". Alors, Jean-Luc : aurait-on peur du grand méchant Journaliste ?
Jean-Luc contre-attaque et répond à la polémique : sa plaidoirie
"Jean-Luc Delarue n'a peur de personne et certainement pas des journalistes", voilà ce que l'on aurait pu titrer sur lui : ce matin, dans le 6/9 de la station NRJ, Delarue s'est défendu avec humour, honnêteté et fermeté contre ces attaques (vous pouvez écouter l'interview, au-dessus). S'il a annulé l'interview avec Le Parisien, c'est pour "laisser la justice rendre sereinement ses conclusions" dans l'affaire qui l'oppose à Marie-Corinne Morin (Réservoir Prod et Delarue ont aussi porté plainte contre elle pour "intrusion dans un système informatique"). Jean-Luc annonce donc que c'est par souci de réserve qu'il a finalement refusé de s'exprimer pour l'instant, et a préféré reporter l'interview au 1er octobre... soit, après le procès. Concernant les querelles qu'il aurait eues avec Geneviève de Fontenay et Alessandra Sublet, il dément formellement : il affirme les avoir appelées et qu'elles ne sont pas du tout au courant d'un quelconque "accrochage" avec lui. Et pour abonder dans ce sens, les deux femmes participeront au droit de réponse officiel que Jean-Luc fera dans les colonnes du Parisien dans quelques jours. Les allégations du journal ne sont-elles que diffamations ? Non, disons plutôt qu'il s'agit, à entendre l'animateur, d'interprétations de faits, d'amalgames et de morceau judicieusement choisis pour servir une thèse.
Enfin, si Delarue a utilisé l'espace d'expression offert par NRJ, c'est aussi pour assurer que tout n'est effectivement pas faux dans cet intéressant dossier du quotidien : il avoue volontiers ne pas être un ange ou un "druckérien". Il aime faire la fête et assume. Mais faut-il vraiment le diaboliser pour autant ? Comme il le dit si bien : "Je ne veux pas qu'on me donne une médaille... mais qu'on arrête de me cracher à la figure". Comme disait Stéphane Bern : "Qu'on lèche ou qu'on crache, l'important c'est que ça brille", qu'on l'incendie ou qu'on l'encense, l'important c'est qu'on parle de lui. Peut-être, mais Delarue a décidé de ne pas briller de cette façon.
Delarue, un homme qui provoque le débat...
A noter : à la fin de l'année, il sortira un livre intitulé Un service public. Un ouvrage dans lequel il promet "de tout dire".
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