Alors qu'il vient de mettre en boîte Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec (voir la bande-annonce), de Luc Besson, le comédien et réalisateur Jean-Paul Rouve, 42 ans, fait la couverture et se livre lors d'une grande interview dans le premier numéro de NordWay, un nouveau magazine de la région Nord, dont il est originaire. Extraits.
"Moi, je suis le fils d'un ancien agent technique des Chantiers de France à Dunkerque. Mon père, il était ouvrier là-bas quand les Chantiers ont fermé, et il s'est retrouvé au chômage à cinquante balais. Et là, pour retrouver du travail quand on n'a pas de diplômes, c'est un enfer. Pour moi, être le fils d'un ouvrier des Chantiers de France, ça veut dire beaucoup de choses."
"Aujourd'hui, je suis un anxieux... Et ce qui me fait peur, c'est lié à cette histoire, à ce truc de chômage. J'ai ça en moi. C'est normal. Et puis, j'ai choisi un métier qui est tout sauf la sécurité. Dans ma tête, je me dis "Merde, et si j'ai plus de boulot ?" Et ça peut arriver demain. Je vis avec ce paradoxe-là. Même si on a l'impression que ça va pour moi. Regardez Annie Girardot qui s'est retrouvée sur le côté pendant quinze ans ; et Nathalie Baye qui a eu sa traversée du désert. Nathalie Baye, quand même ! Deux César, et tout d'un coup, à quarante balais, on ne veut plus d'elle ! Mon Dieu..."
"Je n'ai aucun souci avec mes racines du Nord. Maids j'ai un peu de mal, d'une manière générale, avec les revendications régionalistes. Et pour moi, c'est presque le seul point négatif de "Bienvenue chez les Ch'tis". Ce n'est pas de la faute de Dany Boon, mais aujourd'hui, le côté "Moi, je suis Ch'ti", tout le temps et partout, c'est devenu insupportable. Alors que, avant, justement, j'aimais bien cette grande pudeur qu'il y avait chez les Ch'tis. Pas comme ces Marseillais qui te disent sans arrêt "Moi, je suis de Marseille", etc. Qu'est-ce que ça veut dire ça ? T'es un être humain. Et tu fais comme tu peux, où tu peux."
"Concernant Dunkerque, mon grand-père maternel, Paul-André Verley, a été maire de la ville. Il y a même un boulevard qui porte son nom. C'est le boulevard où on habitait, près du collège Guilleminot. Et mon oncle Jean Verley a été conseiller municipal. Il était adjoint à la culture. C'était avant Michel Delebarre."
"L'été prochain, je vais réaliser mon second film (après Sans arme, ni haine, ni violence, ndlr) et il y aura beaucoup de scènes dans le Nord. J'aimerais bien tourner juste au nord de Dunkerque, pas loin de Zuydcoote. J'ai besoin de grandes étendues et aussi de blockhaus. Et là, il y en a un qui est à moitié tombé dans la mer. C'est magnifique !" Je ne veux pas en dire trop sur ce projet, mais c'est une comédie nostalgique et mélancolique à la fois, et un peu fantastique. Disons que ça se passe dans le monde de la famille."
Jean-Paul Rouve sera à l'affiche des Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, de Luc Besson, le 14 avril 2010 dans toutes les salles.
A.I.
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